C'est une première. Lisa Su, PDG du fabricant de micro processeurs AMD depuis cinq ans, prend, en 2019, la tête des patrons du S&P 500, classés par leur rémunération.

Lisa Su CEO d"Advanced Micro Devices (AMD) et le gouverneur du Texas Greg Abbott
Lisa Su CEO d"Advanced Micro Devices (AMD) et le gouverneur du Texas Greg Abbott © Getty / Robert Daemmrich Photography Inc/Corbis

Elle s’appelle Lisa Su. Elle a 50 ans. Originaire de Taïwan, ses parents ont émigré aux Etats-Unis lorsqu’elle avait trois ans. Poussée vers les sciences, comme son frère, elle fait ses études au MIT, l’équivalent de l’Ecole Centrale en France. 

Elle se spécialise en électricité et fait sa thèse sur les semi-conducteurs, les fameuses puces qui permettent à tous nos objets électroniques de fonctionner et qui stockent nos données sur des ordinateurs ou des téléphones de plus en plus miniaturisés. 

Elle a d'abord travaillé chez Texas Instrument, puis chez IBM, avant de rejoindre le fabricant de puces américain, AMD, en 2012. AMD, c’est le grand concurrent d’Intel. En octobre 2014, à 45 ans, elle est nommée PDG. L’entreprise était en perte de vitesse, elle dépensait plus qu’elle ne gagnait. En anglais, on disait qu’elle “saignait du cash”, un peu comme Renault aujourd’hui. 

Un job de femme, donc ! 

C’est vrai qu’on confie souvent aux femmes les missions impossibles. Mais Lisa Su a réussi : elle a redressé cette entreprise de 10 000 salariés. En quelques années, elle a transformé le profil des ventes d’AMD. Moins de microprocesseurs pour les ordinateurs, plus de puces ou cartes high tech pour les jeux en ligne, les box et la réalité virtuelle. Et surtout, un nouveau produit : Ryzen, pour les data centers

Il y a cinq ans, elle a su mobiliser les équipes de recherche sur le bon produit. Lisa Su, claire et pragmatique, a un mantra : “simplifier l’entreprise et revenir aux sources”, à l'innovation donc. 

Depuis son arrivée à la tête de l’entreprise, l’action a pris 1 300%. L’an dernier, Lisa Su a donc touché une rémunération de 52 millions d’euros. Ce qui la classe au premier rang de l’indice boursier S&P 500, selon un classement de la société de conseil Equilar. 

Alors cette première mondiale, ce salaire de Lisa Su, c’est le monde d’avant ou le monde d’après Covid ? 

Un peu les deux. Cette rémunération extravagante, c’est sans doute le monde d’avant. Face aux conséquences économiques du Covid-19, beaucoup de PDG ont dû renoncer à leurs bonus et à leur part variable. 

Mais c’est aussi le monde d’après. Dans ce moment difficile, les femmes se distinguent. Angela Merkel, Christine Lagarde, Ursula Van der Leyen réinventent l’Europe comme Lisa Su a réinventé AMD et en tire les fruits aujourd’hui. Et ça, ce sera une image bien ancrée dans le monde d’après. 

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