Le patron de Twitter, Jack Dorsey, est sur la sellette. Son statut de fondateur du réseau social ne le protège en rien des critiques d’un actionnaire très puissant, le fonds Elliott, qui vient de rentrer au capital de son entreprise pour le faire partir.

Jack Dorsey, CEO de Twitter
Jack Dorsey, CEO de Twitter © AFP / David Becker/Getty Images

Elliott est ce qu’on appelle un fonds activiste. Un fonds qui prend des participations dans des entreprises qu’il juge mal gérées, le fait savoir et espère qu’un changement de direction ou un virage stratégique fera monter le cours de l’action. 

Elliott a été fondé en 1977 par Paul Singer, qui est connu pour être un orfèvre du droit. Il a démarré ce fonds avec un million de dollars. Il gère maintenant 40 milliards de dollars, avec son fils Gordon. Gordon est trop vieux pour que son prénom s’inspire de Gordon Gekko, le héros du film Wall Street, joué par Michael Douglas, mais ça aurait pu ! 

Que reproche-t-il exactement au patron de Twitter ? 

Il se trouve que le patron de Twitter gère deux entreprises en même temps: Twitter et Square, une société qu’il a aussi créée, spécialisée dans les paiements en ligne. En plus de cela, il a laissé entendre qu’il avait envie d’aller vivre six mois en Afrique… 

Elliott lui reproche donc d’être trop peu disponible pour Twitter, qui innove moins que SnapChat ou Instagram. Il veut un changement dans l’intérêt des actionnaires.

L’intérêt de l’actionnaire c’est la seule loi que connaisse Elliott. Le fonds veut aussi qu’elle soit respectée en Europe. En 2018, à ce titre, il a obtenu le départ du patron du conglomérat allemand Thyssen Krupp.

Il est aussi intervenu en France

Avec un conseiller de poids : Alain Minc. Elliott est au capital de Pernod Ricard, on l’a aussi vu chez Altran, mais il n’a pas vraiment cherché à débarquer les dirigeants. Plutôt à leur mettre la pression pour qu’ils soient plus rentables. On vient aussi d’apprendre l’entrée du fonds chez Arkema, l’ancienne division chimie de Total, 20 000 salariés, qui n’a pourtant pas à rougir de son parcours en Bourse. 

Elliott donne aussi  des leçons de capitalisme au gouvernement. La semaine dernière dans les Echos, Son directeur juridique, Richard Zabel, a dégommé la “Raison d’être”. 

Or la Raison d’être, c’est la grande innovation de la loi Pacte de Bruno Le Maire. C’est ce qui doit réconcilier les Français et l’entreprise, en montrant que celle-ci ne se soucie pas uniquement de ses actionnaires mais prend en compte l’intérêt général sous une forme qu’elle doit définir. Pour Richard Zabel, “Tous ces sujets, sociaux, environnementaux, sont très importants, mais ce n'est pas aux entreprises de les régler”. C’est personnel et politique, dit-il, mais n'en déplaise à Monsieur Zabel, c'est économique aussi, et c'est maintenant dans la loi.

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