S’il y a alternance aux Etats-Unis et que Joe Biden est élu, il faut s’attendre à un vrai virage sur le plan économique, un virage social écologique. Au prix d'une envolée de la dette.

Joe Biden lors d'un rallye de campagne à Pittsburg le 2 novembre 2020
Joe Biden lors d'un rallye de campagne à Pittsburg le 2 novembre 2020 © AFP / Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

Un vrai virage sur le plan économique ? 

Un virage radical qui n’est pas sans rappeler le “New Deal” de Roosevelt si j’en crois Philippe Boulet-Gercourt, le correspondant de L’Obs à New York . Il ne faut pas oublier que la campagne démocrate a été très marquée par les deux personnalités plus à gauche que Biden, Bernie Sanders et Elizabeth Warren, qui souhaitaient instaurer un impôt sur le capital. 

Joe Biden est plus centriste mais vu des Etats-Unis, il est jugé très à gauche. Un point sur lequel Donald Trump appuie pour faire peur. 

Evidemment, dans un premier temps, il devra traiter l’urgence: la pandémie, avec une politique cohérente en matière de tests et de traçage au niveau fédéral, des mesures d’urgence pour donner une couverture maladie à toutes les personnes touchées par le virus, une aide aux Etats en difficulté financière, un nouveau chèque aux contribuables et une meilleure indemnisation chômage. 

Joe Biden veut ensuite mener une politique sociale écologique

Amélioration des retraites, de la couverture maladie, soutien à l’école publique, à l’université avec plus de Bourses, effort accru en faveur des communautés économiquement désavantagées pour réduire la fracture raciale. Et évidemment une réforme fiscale avec hausse des impôts pour les entreprises et les plus aisés. 

Aujourd’hui aux Etats-Unis, le taux d'impôt des 400 contribuables les plus riches est plus faible que le taux moyen de la population 28%, ce qu’il veut corriger.  Outre Atlantique, c’est considéré comme du socialisme, mais accrochez-vous, les hausses d’impôts de Biden ne toucheront que ceux qui gagnent plus de … 28 000 euros par mois. 

Côté environnement, les Etats-Unis reviennent dans l’accord de Paris. Et misent 2 000 milliards d’euros d’argent en quatre ans pour décarboner leur électricité d’ici 2035 et être en économie “zéro émission” d’ici 2050. Des promesses qui n’empêchent pas Biden de rester flou sur la fin du gaz de schiste, qui pèse lourd en emplois. 

Les points communs entre Joe Biden et Trump  

Les relations avec la Chine ne se réchaufferaient pas forcément en cas d’élection de Biden. Sur le plan commercial, cela restera sans doute aussi tendu avec les Européens. Il veut lui aussi promouvoir le made in America, avec beaucoup d’investissements publics dans la 5G, les véhicules autonomes… 

Comme Trump, il veut relancer les investissements en infrastructure, le train notamment. 

Et que Trump ou Biden soit élu, vous l’aurez compris, la grande gagnante sera... la dette. Pour les économistes d’Euler Hermes, elle dépassera dans les deux cas 150% du PIB d’ici à 2030, vingt points de plus qu’aujourd’hui… On pourrait dire “no limit”.