Des pertes financières qui se chiffrent en milliards, des changements de PDG à répétition, General Electric, le plus grand conglomérat industriel américain, vacille. Une page du capitalisme se tournerait-elle ?

Par Jacques-Olivier Martin

Absolument, car GE comme disent les américains, ce n’est pas n’importe quelle entreprise, c’est l’un des derniers géants de la seconde révolution industrielle, celle du pétrole et de l’électricité. Un géant créé par un certain Thomas Edison, le Steve Jobs ou le Mark Zuckerberg de l’époque.

Pendant un siècle, cette société n’a jamais cessé de croître et de dominer l’industrie mondiale. Et il y a seulement quinze ans, ce n’est pas vieux, General Electric était encore la deuxième capitalisation boursière de la planète derrière Exxon, descendante directe de la Standard Oil de John D. Rockefeller.

Depuis une poignée d’années c’est la chute. Au printemps, le monde du capitalisme s’est ému en apprenant que GE était chassé du Dow Jones, l’indice vedette des plus grandes sociétés américaines cotées en Bourse.

Pensez donc : la firme créée par Edison était la dernière survivante des 12 entreprises qui composèrent l’indice concocté par Charles Dow en 1896.

General Electric peut-il revenir au sommet ?

Tout est possible, car GE c’est une entreprise présente sur de nombreux métiers. Elle fabrique des moteurs d’avions, des dispositifs médicaux, propose des services pétroliers, des turbines électriques et bien d’autres choses encore. Certaines activités se portent bien, d’autres sont en difficulté, comme les turbines. Il n’est donc pas exclu que le groupe finisse par se redresser.

De là à revenir au sommet, c’est peu probable. Les Gafa ont tout balayé. Avec plus de mille milliards de dollars de capitalisation boursière, Apple - seul Gafa du Dow Jones - vaut trois fois Exxon et près de dix fois General Electric. Jamais, de toute l'histoire économique, des sociétés n'ont généré autant de profits et valu si cher, aussi rapidement.

Peut-on imaginer que les Gafa dominent à leur tour l’économie pendant un siècle ?

Pas si sûr, car une innovation chasse l’autre à un rythme effréné. Et au moindre faux pas, à la moindre révolution technologique mal négociée, c’est une sortie de route souvent fatale. Ce fut le cas pour Kodak, comme pour Nokia ou Blackberry qui ont raté la révolution du smartphone. Ils ont disparu en moins de 5 ans.

Alors personnellement, je ne crois pas qu’Apple dominera le capitalisme mondial dans cent ans !

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