L’explosion des grandes fortunes aux Etats-Unis a une conséquence inattendue : on manque de mots pour les qualifier.

dollars
dollars © Getty / malerapaso

Bloomberg, une agence d’informations économiques et financières très sérieuse,  qui édite le magazine Business Week, trouvait depuis un moment le vocabulaire beaucoup trop pauvre pour qualifier les super riches, en particulier aux Etats-Unis. 

Peut-on mettre dans la même catégorie une personne qui possède un million d’euros - par exemple un agriculteur propriétaire de terrains constructibles à l’Ile de Ré- et une autre qui a vendu sa société et gagné plus de 100 millions d’euros ?  Ce sont deux millionnaires, mais pas comparables.  

De même, on ne peut pas mettre Silvio Berlusconi, un petit milliard d’euros de patrimoine, dans le même sac (si j’ose dire) que Bernard Arnault, 84 milliards, ou Jeff Bezos et Bill Gates, qui frôlent 100 milliards chacun. Tous sont milliardaires, mais pas de la même manière. 

Bloomberg a enfin trouvé la solution : faute de mots, on va utiliser des chiffres 

L’agence a créé une échelle de la richesse, qui va de -2 à 11. On démarre avec des chiffres négatifs. Lorsqu’on a peu de biens et des dettes, cela fait un patrimoine net négatif. L’exemple type pour Bloomberg, c’est le petit paysan ou l’étudiant qui sort de l’université avec une dette de 35 000 euros. C’est la moyenne aux Etats-Unis. 

La vie devient agréable à l’échelon 6, un million de patrimoine net, en gros celui de Boris Johnson, le premier ministre britannique : on peut par exemple s’acheter une résidence en bord de mer. Le Graal évidemment, c’est l’échelon 11, celui où comme Bill Gates vous avez assez d’argent pour éradiquer la polio dans le monde. 

A quoi ça sert, en réalité, cette échelle ?

A mon avis, à rien. Mais cela montre à quel point les écarts de richesse sont devenus indécents  et obsédants aux Etats-Unis. Ce sera un thème omniprésent de la campagne présidentielle. Et pour cause !

Au moment où Bloomberg classe les super riches, 48 000 salariés de General Motors, loin d’être millionnaires, entament leur dix-huitième jour de grève. En 2008, pour sauver leur entreprise en faillite, ils ont accepté des salaires plus bas. Dix ans plus tard, le constructeur automobile est redevenu très bénéficiaire, mais les salaires, eux, sont restés bloqués. 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.