"Le Parisien" a dévoilé hier une note explosive de Bercy sur le prélèvement à la source. La phase de tests est calamiteuse : il y a des milliers de bugs et d'erreurs...

Gérard Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics depuis 2017
Gérard Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics depuis 2017 © AFP / Eric Piermont

C’est un coup de théâtre supplémentaire dans cette affaire qui donne lieu à un sacré cafouillage, les Français sont complètement déboussolés. On les comprend : ils reçoivent en ce moment même leur avis d’imposition 2018, Il est y écrit noir sur blanc que l’impôt à la source démarre le 1er janvier. Pourtant, ils ont appris mercredi dernier dans le Canard Enchaîné qu’Emmanuel Macron n’est pas chaud et se donne jusqu’au 15 septembre pour dire s’il y va ou pas. C’est vrai que l’impôt à la source a sans doute plein de vertus mais un gros défaut : si on le fait, les Français verront leur salaire net baisser. Et cela fait très peur dans la majorité et au gouvernement. Le ministre en charge du dossier, Gérald Darmanin, étoile montante de la Macronie, jure la main sur le cœur que, techniquement, tout sera prêt le 1er janvier. 

Difficile de faire marche arrière quand le ministre des Comptes publics vous explique tous les matins que  tout va bien qu’il n’y a plus qu’à appuyer sur le bouton…  

Sauf que la note confidentielle de Bercy prouve le contraire... Ce genre d’info, ça alimente toujours les fantasmes de manipulation et de jeux de billards à trois bandes. La vérité c’est que les confrères, qui enquêtaient, sur le prélèvement à la source, sont tombés à Bercy sur des fonctionnaires ulcérés. Pendant qu’eux avaient les mains dans le cambouis et s’arrachaient les cheveux devant des bugs en série, leur ministre Gérald Darmanin claironnait que tout allait bien madame la marquise. A Bercy, l’exaspération était si forte que ça a fini par filtrer. 

Mais pourquoi Gérald Darmanin s’acharne-t-il à prétendre que tout va bien si ce n’est pas le cas ?  

Tous les politiques passés par Bercy, de Sarkozy à Montebourg, ont toujours voulu marquer ce ministère de leur empreinte. C’est le cas de Gérald Darmanin avec l’impôt à la source. Et il s’appuie pour ça sur Bruno Parent. Bruno Parent, c’est le patron de la Direction générale des finances publiques, la DGFIP, et le vrai père de l’impôt à la source en France. Il y travaille depuis des années et veut absolument partir à la retraite en ayant achevé son grand œuvre. Lui est convaincu que tout sera rentré dans l’ordre avant le 1er janvier  Une réunion cruciale sur le prélèvement à la source doit se tenir demain à l’Elysée. Alors, réforme ou pas ? Un seul homme a la réponse, c’est Emmanuel Macron. Il est face à un dilemme. Soit il y va et prend le risque que le système défaille, soit il recule et ce sera une défaite politique. On sera fixé très vite sur sa décision. Mais s’il décide d’enterrer l’impôt à la source, on voit mal comment Gérald Darmanin pourra sauver son poste.

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