Les représentants des grandes fédérations de l’industrie et des services sont convoqués à Bercy cet après-midi. Au menu : la préparation au Brexit. Il y a urgence. Et pas mal d’inquiétudes, on dirait ?

La situation est toujours très confuse à Londres, mais le Brexit apparaît de plus en plus proche. Cela se passerait la nuit d’Halloween, entre le 31 octobre et le 1er novembre. 

Le gouvernement est très inquiet car beaucoup d’entreprises sont aujourd’hui “dans le déni” du Brexit, nous dit la secrétaire d’Etat Agnès Pannier-Runacher, chargée à Bercy, de l’industrie et du commerce. Avec sa collègue Amélie de Montchalin, chargée des affaires européennes, et le secrétaire d’Etat Olivier Dussopt, pour les douanes, elles ont donc invité à Bercy les responsables des grandes Fédérations professionnelles pour qu’ils mobilisent les PME sceptiques ou insouciantes. 

Que doivent-elles faire pour anticiper correctement le Brexit ? 

Elles doivent se préparer à la “smart boarder”,  la “frontière intelligente” pour parler français. L’objectif est qu’entre la France et l’Angleterre, entre Calais et Douvre, les camions ne s’arrêtent pas. Il y a une condition pour cela : anticiper les contrôles douaniers. Les douanes ont mis au point tout une procédure pour le faire. 

Prenons l’exemple de la société SNOP qui exporte des pièces détachées automobiles au Royaume-Uni. Elle devra faire une déclaration avant d’expédier ses pièces, auprès des douanes ou de son transitaire, Gefco. Elle obtiendra un code-barres qu’elle remettra au chauffeur du camion. Ce code-barres sera scanné à l’entrée du tunnel ou du ferry, il sera associé à la plaque d’immatriculation du camion puis transmis aux douanes. Si tout est en ordre, le camion pourra sortir du tunnel ou du bateau sans arrêt, comme avant. 

La démarche est indispensable, car les marchandises qui quittent l’Union sont vendues sans TVA. Si la déclaration n’a pas été anticipée, le camion sera bloqué à la frontière. Et là attention à l’engorgement: 4500 camions par jour empruntent le tunnel. 

Et pour les marchandises qu’on importe ?  

Là aussi il faut prendre contact en amont avec tous les fournisseurs car les  Britanniques ont prévu une procédure simplifiée d’import-export, mais pas forcément le fameux code-barres. C’est donc à la société importatrice de s’en préoccuper. 

Et si on importe des produits agroalimentaires ou vivants, il y aura toujours un contrôle à l’entrée dans l’Union : celui des services vétérinaires. Ils ont été renforcés, une quarantaine de vétérinaires supplémentaires sont prévus, mais pas sûr encore qu’ils soient en nombre suffisant pour garantir le respect des normes européennes si le Brexit se confirme, car il y a encore un si...

Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.