Il y a des habitudes anglo saxonnes qui s’enracinent en France à toute vitesse, comme le "Black Friday", et d’autres qui sont moins bienvenues, comme le "Dry January", le mois de janvier sans alcool, que pratiquent les Anglais.

Toast alcoolisé entre amis
Toast alcoolisé entre amis © Getty / Carina König / EyeEm

Cette différence, c'est surtout une affaire de gros sous

Quand le gouvernement, par la voix d’Elisabeth Borne, ministre de la transition écologique, critique le Black Friday et la surconsommation, les lobbys du commerce défendent immédiatement cette pratique américaine.

En revanche lorsque le ministère de la santé veut soutenir les médecins, les associations de lutte contre l’alcoolisme et les mutuelles, qui veulent importer le Dry January, le mois de janvier sans alcool, tous les lobbys du vin et des spiritueux montent au créneau pour dénoncer un contresens culturel. 

Dans le premier cas, la coutume américaine nous pousse à la consommation. Tout va bien. Dans le second, on nous incite à l’hyper modération, et ça, ça ne plaît pas aux professionnels. Cherchez l’erreur !

Il y a une vraie inquiétude 

Les vins et spiritueux, aujourd’hui, c’est notre deuxième secteur exportateur, derrière l’aéronautique. Il dégage un excédent commercial de 12 milliards d’euros, dont nous avons bien besoin, car notre déficit global est tout de même de 60 milliards. 

Ce secteur, c’est aussi 550 000 emplois directs, et beaucoup d’emplois indirects, dans la restauration notamment. Or il est malmené. La consommation de vins en France a déjà baissé de 20% en vingt ans. Les ventes en Chine ralentissent fortement. Celles à Hong Kong, premier marché pour le Bordeaux, sont à l’arrêt. La menace du Brexit plane. 

Surtout depuis le 18 octobre, les Etats-Unis taxent les vins français à hauteur de 25%. Ce sont représailles contre les aides apportées à Airbus. Cela représente 250 millions d’euros que les producteurs doivent choisir de répercuter sur leurs prix, au risque de perdre des marchés, ou de prendre sur leur marge. Et maintenant, Donald Trump menace d’étendre ces taxes au champagne, en les durcissant, si la France ne retire pas sa taxe sur les GAFA. 

L’Etat a retiré son soutien au Dry January, et tout cela a joué. C’est Emmanuel Macron lui même qui l’a décidé. Mais des associations en feront malgré tout la promotion. Les Français entendront donc le message. 

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