C’est bientôt les vacances. Dans les stations de ski, on est prêt pour l’arrivée des familles. Mais derrière l'effervescence, on sent un petit coup de blues...

Le ski, un truc de vieux ?
Le ski, un truc de vieux ? © Getty / Alain Bachellier

Même si les stations des Pyrénées ont eu de fortes chutes de neige avec la tempête Gloria, le réchauffement des températures inquiète tout le monde. Il y a des signes forts: le départ de la Transjurassienne, la grande épreuve de ski nordique, ne sera pas donné comme prévu samedi prochain. Pas assez de neige, trop de pluie, parcours impraticable. 

Le Jura, les Vosges, sont très inquiets pour l’avenir de leurs petites stations, mais on ne fanfaronne pas non plus dans les Alpes ou les Pyrénées. Partout, la durée d'enneigement diminue. On est passé de 150 jours par an dans les années 60 à 80, à 120 jours dans les années 90 et 2000. ça continue à baisser. Or en dessous de 100 jours d’ouverture par an, selon la Cour des Comptes, un domaine skiable ne peut pas être viable. 

Il n’y a pas que le climat qui inquiète les professionnels des sports d’hiver… 

Autre sujet d'inquiétude : le désintérêt des jeunes pour le ski. Pour eux, c’est un truc de baby boomers, de vieux. Le ski intensif pour amortir un forfait hors de prix - 30% du coût du séjour selon les calculs de l’UCPA- , ce n’est vraiment pas leur truc. 

Ils y sont d’ailleurs de moins en moins initiés: le nombre de classes de neige a baissé de 20% en dix ans. Les  parents qui le peuvent continuent à emmener leurs enfants aux sports d’hiver, mais ceux-ci n’y retournent pas forcément ensuite. Les 15-25 ans représentaient 20% de la clientèle en 1995, mais 14% seulement en 2019. 

Il y a déjà quinze ans que les stations de ski américaines ou canadiennes s’en inquiètent. Et qu’elles prennent des mesures assez radicales. Pour séduire les skieurs débutants, quel que soit leur âge, on leur propose un programme sur trois ans. La première année, la station leur offre cours, forfait et location du matériel. La deuxième et la troisième année, ils ont une forte réduction pour continuer leur apprentissage. Les stations de ski ont organisé entre elles une compétition, la “conversion cup”: C’est à celle qui “convertira” le plus de néophytes. 

Au Japon, on cherche plutôt à faire venir les touristes étrangers, en particulier les 13 millions de Chinois qui ont découvert ce sport. Mais le Coronavirus nous rappelle la limite de cette stratégie. D’ailleurs en France on compte déjà 28% de skieurs étrangers. 

La nouvelle stratégie des stations françaises : Instagram

Pour attirer les jeunes, pour l’instant la grande stratégie des stations françaises, c’est … Instagram. C’est à celle qui sera la plus vue sur le réseau social de photos. Pas sûr que ça suffise. 

A ce petit jeu, c’est Val Thorens la grande gagnate, suivie par Chamonix et Tignes.

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