Une crise de cette ampleur redistribue forcément les cartes économiques. Mais comment ? Une seule tendance se dégage avec certitude : le Covid-19 accélère la transformation numérique, ce qui profite aux géants de la tech, les Gafam.

La transition numérique s'accélère, les Gafam en profitent
La transition numérique s'accélère, les Gafam en profitent © AFP / STR, JOSH EDELSON, LOIC VENANCE, EMMANUEL DUNAN

Les grands gagnants de la crise exceptionnelle provoquée par le Covid-19 sont clairement les Gafam. Cet acronyme, rappelons-le, désigne Google Amazon Facebook Apple et Microsoft. On pourrait y ajouter Netflix et Tesla. 

Ils sont les symboles d’une économie qui passe de plus en plus par Internet, qui se fait à distance, en utilisant l’ordinateur ou le téléphone. Une économie qui ne passe plus physiquement par le bureau, le magasin, le cinéma. 

On le voit encore mieux depuis le Covid-19, avec le triomphe du commerce en ligne, des visio-conférences et autres logiciels de partage de données et de documents. Le travail peut se faire en équipe, même si chacun est chez soi, grâce au stockage des informations dans le cloud, c’est-à-dire dans de gigantesques serveurs accessibles de partout et notamment de chez nous avec un ordinateur, un téléphone ou une tablette. 

Cela a beaucoup profité à la Bourse américaine

Le rebond, en avril, est spectaculaire. Deux des trois principaux indices boursiers -le Dow Jones et le S&P500 - ont tout simplement connu le mois dernier leur plus forte hausse depuis 1987. Respectivement 11 et 12%. Et le troisième, le Nasdaq qui a gagné 15%, a fait sa plus belle performance depuis 2000. 

Quand le milliardaire Warren Buffett dit: “Never bet against America”: “ne pariez jamais contre l’Amérique”, il n’a pas tort, semble-t-il. Quelles que soient les saillies de son président Donald Trump, le pays a de la ressource. 

Imaginez: Microsoft vaut aujourd’hui en Bourse 1400 milliards de dollars. Comme ça, ça ne vous dit peut-être rien, mais c’est autant que tout le CAC 40 réuni, lit-on dans un article très intéressant du Monde. “Nous avons vu l’équivalent de deux ans de transformation numérique en deux mois”, a dit son PDG en annonçant la semaine dernière un résultat en hausse de 22% au premier trimestre de l’année. 

Et Amazon ? 

Faisons le tour de ces groupes que nous adorons détester. Le chiffre d’affaires d’Amazon a bondi de 25% au premier trimestre de 2020 et devrait monter encore plus au deuxième trimestre. Le groupe a toutefois prévenu qu’il serait en perte. Il dépense plus pour s’adapter au Covid-19 et assurer la sécurité de ses salariés et ses clients. A ses actionnaires, il a expliqué qu’il s’agissait d’un investissement. 

Apple, maintenant. Le groupe a battu les prévisions des analystes: son chiffre d’affaires est stable et il rattrape déjà le retard de la période de confinement en Chine. Facebook ensuite. Là aussi, malgré le recul de la publicité, tout va bien: 11% d’utilisateurs en plus depuis un an. 

Tout ne va pas bien aux Etats-Unis. Loin s’en faut. Et Warren Buffett, qui a perdu 50 milliards de dollars au premier trimestre, le sait ! Mais on sait aussi que, dans le monde d’après, les géants de la tech seront encore plus puissants. 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.