En France, on estime qu’il y a entre 650 000 et 800 000 copropriétés et 94% sont gérées par un syndic. Or malgré tous les griefs que les copropriétaires peuvent nourrir contre leur gestionnaire, seuls 4% d’entre eux font le choix de changer chaque année.

Le gouvernement va s’attaquer aux syndicats pour faciliter leur mise en concurrence
Le gouvernement va s’attaquer aux syndicats pour faciliter leur mise en concurrence © AFP / ERIC CABANIS

Ah, ces syndics…Le catalogue de leurs méfaits est interminable : « il n’est pas joignable », « j’ai laissé 10 messages et il ne rappelle pas », « on attend un devis depuis des mois»… 

Edouard Philippe est décidé à prendre le taureau par les cornes. Il va annoncer demain, à l’occasion des dix ans de l’Autorité de la concurrence, des mesures de trois ordres :

• mieux informer les copropriétaires de la possibilité de changer de syndic

• instaurer des amendes en cas de non-respect du contrat-type : 3 000€ pour une personne physique et 15 000€ pour une personne morale

• favoriser une meilleure comparaison des tarifs

Mais n’était-ce pas déjà l’un des objectifs de la loi Alur votée en 2014 ? 

Effectivement, la loi Alur a imposé un contrat-type identique à tous les syndics. Ce contrat liste précisément les prestations incluses, et surtout la loi a obligé les syndics à réintégrer dans ce contrat de base, un certain nombre de prestations, facturées auparavant en plus. 

Exemple, les photocopies. La loi Alur stipule que « l’ensemble des frais de tirage liés à la gestion courante sont comprises dans le forfait ». Et bien certains petits malins rayent cette phrase et remplace par « seront facturées au tarif de 40 centimes l’unité ». 

Selon un contrôle de la DGCCRF, plus de 50% des contrats type présentent une anomalie. 

Mais changer reste malgré tout très compliqué, non ? 

Cela va demander un peu de travail au conseil syndical. D’ailleurs il vaut mieux que tous ses membres soient d’accord pour changer. Il faut y réfléchir six mois avant l’assemblée générale, établir un cahier des charges précis, rencontrer les futurs syndics… 

Et surtout, ne pas organiser l’assemblée générale chez le syndic dont vous n’allez pas renouveler le mandat. Car après l’approbation des comptes, celui-ci est en droit de vous mettre dehors et vous finirez votre AG au café du coin.

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