Batimat, le grand salon des professionnels du bâtiment, ouvre ses portes aujourd’hui au Parc des Expositions de Villepinte. Le bâtiment, c’est 1,5 million d’emplois, 140 milliards d’euros de travaux. Est-ce que ce secteur se porte bien ?

Bâtiment en construction
Bâtiment en construction © Getty / Jung Getty

Les professionnels ne se plaignent pas. Les ventes de logements neufs repartent et l’immobilier de bureau ou commercial se porte plutôt bien. Ils vont embaucher 25 000  personnes de plus cette année. 

Mais il ne faut surtout pas qu’ils s’endorment sur leurs lauriers. C’est ce que nous dit un rapport assez alarmant, qui sera remis aujourd’hui au ministre du logement Julien Denormandie par deux experts, Robin Rivaton et Bernard Michel. Ils tirent la sonnette d’alarme. 

Le secteur de la construction est un de ceux qui se modernisent le moins en France

Il dégage peu de gains de productivité. Et cela a un impact qui nous concerne tous : les coûts de construction sont plus chers. Ils ont augmenté six fois plus que l’indice des prix depuis dix ans. Les délais sont rarement respectés et les malfaçons explosent: +56% en huit ans, disent les assureurs.

Il y a de quoi s'inquiéter, d'autant qu’on ne peut pas dire que les entreprises et les artisans du secteur en profitent. Pas du tout même. Ils font en moyenne deux fois moins de marge que les industriels. On a donc une sorte de cercle vicieux : peu de profits, moins d’investissement et d’innovation, donc moins de bénéfices, etc.

Un autre problème se profile  : ce secteur vieillit

Un tiers des “compagnons” va partir à la retraite dans les dix prochaines années. Et sur les chantiers, on a du mal à attirer les jeunes. 

Il faut donc que les choses changent. Ce rapport est un signe. Le ministre a aussi engagé la réécriture du Code de la construction. Robin Rivaton et Bernard Michel, eux, font un pari : l’industrialisation de la construction. Autrement dit : le retour du préfabriqué, ces blocs d’immeubles construits en usine.

En France, cela nous rappelle les barres et les tours en béton des années 1950-1960. Pas forcément un bon souvenir. Mais les champions d’aujourd’hui, Singapour et la Suède ont fait beaucoup de progrès sur l’esthétique et la modularité. Le bois change aussi la donne. 

Les chantiers, avec cette technique, sont plus courts et moins coûteux, même dans les villes congestionnées. L’empreinte écologique est meilleure. Mais il faut s’y mettre vite, car la concurrence n’attend pas. A New York un hôtel a déjà été construit avec des modules préfabriqués en Pologne. Attention donc :  même la construction est délocalisable !  

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