L’Internet à très haut débit. Et les enchères atteignent des niveaux record : six milliards et demi d’euro. Une somme délirante, de l’avis même de plusieurs opérateurs télécoms. Du jamais vu en Europe.

A titre de comparaison, les dernières licences 4G, en France, étaient parties à 3 milliards d’euros. Et cette folie italienne intéresse doublement la France. D’abord parce que des groupes français sont en première ligne et vont débourser la moitié de la somme : Iliad-Free le groupe de Xavier Niel, paiera 1.2 milliard et Telecom Italia, détenu à près de 25% par Vivendi contribuera à hauteur de 2.4 milliards. Ces chiffres donnent le tournis au moment où la France s’apprête elle aussi, courant 2019, à distribuer ses licences 5G.   

Un mauvais présage pour les opérateurs télécom français ?  

Pas forcément. D’abord parce que ce marché italien est très particulier. En plus de Free, qui vient de débarquer, trois acteurs se partagent le gâteau à égalité : ils ont chacun 30%. Et aucun d’entre eux ne peut se permettre de se laisser distancer. Et puis le gouvernement italien doit aussi se poser des questions : cette manne est un cadeau pour le budget à court terme mais c’est une mauvaise nouvelle pour le pouvoir d’achat à long terme : forcément, les tarifs des télécoms vont augmenter. En France, le gouvernement a une autre vision : il veut privilégier l’investissement des opérateurs dans les réseaux et l’aménagement du territoire. 

Quand on interroge les différents acteurs, aucun n’anticipe un scénario à l’italienne

C’est de l’Internet très haut débit sur votre smartphone, donc plus de films, plus de musique, et des tas de nouveaux services. Elle sera aussi très utile pour faire communiquer entre eux les objets connectés, et notamment les futures voitures autonomes, mais ce sera plutôt pour 2022. Elle pourrait enfin avoir une autre conséquence, car tous les opérateurs ne pourront pas forcément consentir ces investissements gigantesques. La 5G pourrait bien être fatale à l’un d’entre eux et jouer les juges de paix de la consolidation du marché en France.

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