Christine Lagarde va devenir présidente de la Banque Centrale Européenne le 1er novembre.

Christine Lagarde
Christine Lagarde © AFP / JAN WOITAS / dpa-Zentralbild / dpa Picture-Alliance

Comment se prépare Christine Lagarde ?

La prochaine étape pour elle, c’est ce matin à 10h. Elle va passer une audition devant  le Parlement européen. Elle répondra aux questions des députés qui ensuite vont voter sur sa nomination. 

Pas d'inquiétude pour elle : leur vote n’est qu’indicatif, elle dirigera donc la BCE quoi qu’il arrive. Ce sont les chefs d’Etat et de gouvernement qui décident pour ce poste. Mais vous pouvez compter sur elle pour prendre malgré tout l’exercice très au sérieux et faire passer quelques messages, par exemple sur le rôle, assez nouveau, que peuvent jouer les banques centrales pour faciliter la transition écologique.

Une chose est certaine : elle s’est bien préparée pour cette audition. Elle s’est rendue à Francfort au siège de la BCE de manière informelle.  Ses futures équipes l’ont trouvée méthodique, précise, ouverte, pas du tout la grosse tête. 

Un bon début donc. Mais certains lui reprochent quand même d’être avocate, et non pas économiste. Est-ce que ça ne lui pose pas un problème de crédibilité ?  

Notez que son homologue américain Jay Powell, le président de la Réserve fédérale, est lui aussi avocat de formation. Et surtout que Christine Lagarde a déjà répondu par écrit sur ce point aux députés européens. 

Elle leur a envoyé non seulement son CV, mais aussi une série de liens vers ses interventions durant ses deux mandats de directrice générale du Fonds monétaire International. 

Elle n’est peut-être pas “docteur en économie”, mais c’est une très bonne “urgentiste”, habituée à affronter les crises : celle de 2008, avec la faillite de la banque Dexia, lorsqu’elle était ministre des finances, celle de la Grèce, celle de l’Argentine dont vient de parler Anthony… 

L’Argentine : un caillou dans sa chaussure ?  

Peut-être. Car le FMI, sous la houlette de Christine Lagarde, a beaucoup prêté à ce pays en 2018 et il demande déjà le rééchelonnement de sa dette. La Française assume : “il n’y avait personne d’autre dans le jeu” pour secourir le pays, dit-elle. 

Mais ce matin c’est surtout d’Europe que parleront les députés. Avec des inquiétudes opposées, qui reflètent celles de leurs électeurs et de leur pays d’origine. 

Les Allemands, par exemple, détestent les taux d’intérêt bas, voire négatifs, car leur épargne retraite ne rapporte plus rien. A contrario, les Italiens ou les Français adorent emprunter à bas coût pour financer leurs projets et...  leurs déficits, et ainsi soutenir l’activité. 

Dans l’hémicycle européen, Christine Lagarde sera confrontée aux mêmes tensions que celles qui existent au sein du Conseil de la BCE. Un bon entraînement pour la suite. 

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