En ce lundi de Pâques, voici une histoire d'œufs. Mais pas d’œufs en chocolat…

Souvenez-vous des images choquantes, diffusées il y a quelques années par l’association militante L214 et qui montraient des poussins broyés vivants, dans un couvoir en Bretagne. On y apprenait que cette pratique était banale, parce que dans la filière des poules pondeuses, on n’a que faire des petits mâles qui, par définition, ne pondent pas. Donc on s’en débarrasse. 50 millions de poussins sont ainsi éliminés chaque année en France. 

La bonne nouvelle, c’est que la filière a décidé d’en finir avec cette pratique grâce à ce qu’on appelle le “sexage in ovo”. L’idée est d’identifier le sexe de l’embryon à l’intérieur des œufs, pour écarter du circuit ceux qui contiennent un mâle, et éviter la naissance des poussins. 

Et comment peut-on identifier le sexe d’un embryon à l’intérieur de la coquille ? On fait une échographie ? 

On ne va pas jusque-là mais on a tout de même recours à des technologies très pointues ! Pour l’instant, deux entreprises allemandes ont trouvé une solution de sexage praticable à grande échelle. 

La première, développée Agri Advanced Technologies, détecte, par un jeu de rayons lumineux, la couleur du duvet de l’embryon. S’il est blanc, c’est un mâle. S’il est roux, c’est une femelle. 

L’autre méthode, développée par Seleggt, perce un micro-trou dans chaque œuf pour prélever une goutte du liquide intérieur - l’équivalent de notre liquide amniotique. Ce liquide est testé, et seuls les œufs qui contiennent une hormone femelle sont gardés. 

La filière française promet de généraliser “le sexage” des œufs l'année prochaine. Elle estime que ça lui coûtera 64 millions d’euros et espère bien que le consommateur acceptera de payer sa boîte d’œufs quelques centimes de plus ! 

Pourquoi ne pas laisser grandir les poussins mâles tout simplement ?

Pour des raisons d’argent ! Garder le poussin vivant serait intéressant si on pouvait le vendre et en faire un bon coq au vin. Or ce n’est pas le cas. En fait, les souches des poules pondeuses ne sont pas les mêmes que les souches des poulets qu’on mange. Les pondeuses, et leurs frères les coqs, manquent de chair pour satisfaire nos palais... 

La solution pourrait être le développement de souches qu’on dit “duales”, c’est-à-dire que la même bête peut à la fois pondre et être consommée. Ce sont des animaux qui existent déjà, notamment en Allemagne et en Suisse, mais ils sont moins “productifs”. Les œufs, et la viande, sont donc nettement plus chers, et réservés à une niche de consommateurs.
 

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