Deux françaises sociétés très peu connues et pourtant stratégiques, Worldline et Ingenico, ont annoncé leur fusion avant hier. De ce mariage pourrait bien naître un champion européen du moyen de paiement...

Leur nom ne vous dit rien car elles ne travaillent pas directement pour les particuliers. Leurs clients ce sont plutôt nos banques, les fournisseurs de cartes comme Visa ou Mastercard, les sites de vente en ligne... Et pourtant vous utilisez sans cesse leurs services. Quand vous utilisez le paiement sans contact, par exemple. Ou quand votre carte bancaire vous sert de pass transport, dans les bus de Dijon ou le métro de Londres… 

Vous imaginez bien que derrière ces facilités, il y a des logiciels puissants, beaucoup de sécurité et une recherche et développement coûteuse. Car les besoins des clients et des commerçants de demain évoluent vite. 

On utilise de moins en moins les terminaux de paiement physique d’Ingenico par exemple, pour aller vers le paiement dématérialisé, voire invisible, c’est-à-dire sans détour à la caisse, sans arrêt au péage…. Qui sait si vous ne réglerez pas votre café d’un simple clin d’œil grâce à la reconnaissance de votre iris? ou simplement grâce à votre voix. Et qui sait si demain votre frigo connecté ne réglera pas directement votre laitier ou votre boucher? 

Le paiement, une infrastructure vitale à l’économie, qui génère beaucoup de données 

Les géants du secteur sont pour l’instant trois Américains, tandis que les Chinois se développent à toute vitesse. Les Gafa s’intéressent aussi à ce marché.  Rien d’étonnant à cela. Aujourd’hui 80% des paiements dans le monde (la moitié en Europe) se font encore en cash, mais cela diminue rapidement. Ce qui assure une croissance de 6% l’an à ce marché.

Alors pourquoi laisser le paiement aux Américains ? Hors de question pour Gilles Grapinet, le patron de Worldline, qui a décidé EN 2014 de sortir du groupe Atos pour entrer en Bourse et grossir. C’est lui en l'occurrence qui rachète Ingenico pour faire un groupe de 20 000 personnes, n°1 du paiement en Europe.

Le début d’un savoir-faire français dans lae domaine des paiements ? 

C’est un Français, Roland Moreno, qui a inventé la carte à puce. Mais rien à voir avec Gilles Grapinet. Lui c’est un énarque, inspecteur des finances, qui a sa sortie de l’ENA a choisi, c’est rare, de mettre les mains dans le cambouis informatique, à la direction des impôts. C’est un vrai geek. 

Cela a plu à Thierry Breton, dont il a dirigé le cabinet au ministère des finances et dont il est devenu le bras droit chez Atos après un détour par le Crédit agricole où il s’occupait déjà… de moyens de paiement. Depuis que Worldline est entrée en Bourse, il y a cinq ans, sa valeur a déjà été multipliée par cinq. 

Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.