Le groupe Lagardère a obtenu un prêt garanti par l’Etat et pas n’importe quel prêt. On parle de 465 millions d’euros. Les Galeries Lafayette, elles, auront 300 millions. Et ces prêts font parfois polémique.

Lagardère, c’est un groupe avec trois grands pôles. 

- L’édition, avec Hachette, Fayard, Grasset. C’est une activité mondiale et rentable, même en temps de Covid.

-Le commerce de voyage, avec les magasins Relay dans les gares et les aéroports et les boutiques de Duty Free. 

Avec le Covid, c’est la catastrophe. Ce métier qui peut être très profitable en temps normal a connu une chute d’activité de près de 60% sur les neuf premiers mois de 2020. 

-Le troisième métier, ce sont les medias: Europe 1, Paris Match et Le Journal du Dimanche. Il souffre aussi. 

Au final, grosso modo, le groupe Lagardère perd un demi-milliard d’euros chaque semestre. Autant dire qu’il avait bien besoin du PGE pour tenir et absorber le choc. 

Est ce que ce prêt que l’Etat garantit à hauteur de 80% peut être interprété comme une sorte de faveur, qui vaudrait à Emmanuel Macron la bienveillance des medias de Lagardère ? 

Certains observateurs, sur les réseaux sociaux, font un lien. C’est un peu complotiste. En réalité, d’autres medias ont demandé et obtenu un PGE, comme beaucoup d’entreprises malmenées par le Covid, sans que ça change leur ligne éditoriale. C’est parfois juste préventif.

Surtout, il est probable que Arnaud Lagardère ne garde pas ses journaux ou radio encore très longtemps. Deux autres grandes fortunes, Bernard Arnault et Vincent Bolloré, entrés au capital du groupe Lagardère, s’y intéressent de très près. Et Arnaud Lagardère affirme que ce pôle media ne fait pas partie de son coeur de métier. Il semble prêt à le leur vendre, en essayant d’éviter le démantèlment de son groupe.

Si Arnaud Lagardère a pour actionnaires Bernard Arnault et Vincent Bolloré, pourquoi a-t-il besoin de l’Etat ? Et surtout pourquoi l’Etat vient-il à la rescousse d’autant de “milliardaires” ? 

Bercy rappelle que son souci ce sont les emplois - il y a 30 000 collaborateurs au total chez Lagardère - et l’activité. La distribution dans les aéroports ne retrouvera pas tout de suite son rythme de croisière.

Par ailleurs, d’autres groupes, qui ont des actionnaires fortunés, ont aussi eu de très importants prêts garantis: On peut citer les Galeries Lafayette, qui viennent d’obtenir 300 millions d’euros, l’armateur CMA CGM, Fnac Darty, 500 millions, 1 milliard, Kingfisher France (Bricodépôt et Castorama) 600 millions d’euros… 

Le ministère des finances rappelle que les entreprises aidées ne peuvent pas verser de dividendes à leurs actionnaires. Dans le cas de Lagardère, il a aussi fallu mettre d’accord neuf banques pour réunir le prêt, dont deux banques étrangères. Même avec la garantie de l’Etat, elles risquent 20% du montant qu’elles prêtent. Et elles comptent bien être remboursées en monnaie sonnante et trébuchante et pas... par de bons articles.