La banque sino-britannique HSBC va vendre sa filiale française - l'ancien CCF- au fonds américain Cerberus. Mais ce n’est pas l’acheteur qui fait un chèque au vendeur, c’est le vendeur qui va lui verser de l’argent... Les Echos parlent d’au moins un milliard d’euros…

Siege d'Hsbc ici à Hong Kong
Siege d'Hsbc ici à Hong Kong © Getty / Isaac Wong/SOPA Images/LightRocket

Oui et il faut bien reconnaître que c’est difficile à comprendre. La banque de particuliers en France de HSBC est en vente depuis 2019. On parle de 230 agences, 4000 employés et 800 000 clients particuliers, qui ne s’inscrivent plus dans la stratégie du groupe. 

Plusieurs banques françaises -La Banque Postale, BNP Paribas, Société générale, Oddo - ont regardé le dossier. Et elles ont toutes jeté l’éponge. Trop de coûts, pas assez de rentabilité.  Au final, il ne restait donc en lice que deux fonds d’investissement, l’américain Cerberus et le britannique Anacap. 

Tous les deux ont déjà fait ce type d’opérations : Anacap a acheté les agences de Barclays et Cerberus l’ancienne banque de General Electric, devenue My Money Bank. C’est finalement Cerberus qui va reprendre HSBC, mais comme l’activité est ultra déficitaire, le vendeur lui versera au moins 1 milliard d’euros. 

Ce milliard servira donc à éponger les pertes ? 

Surtout à renforcer les fonds propres des agences HSBC. Une banque ne peut pas exercer si elle n’a pas un solide capital, c’est, entre autres, ce qui protège les dépôts qui sont sur les comptes de ses clients et ce qui lui permet de faire des crédits. La Banque de France surveille donc de près la transaction et exige qu’il y ait un bon coussin. 

Il faut aussi investir dans l’informatique, redéfinir une stratégie marketing et restructurer. 

Le fonds Cerberus est une sorte de nettoyeur: des bilans bancaires, des coûts. Les syndicats de la filiale française HSBC ne sont pas dupes, mais n’ont pas vraiment le choix. Ils encaissent: il y a onze ans, leur banque, le CCF - le Crédit commercial de France -  avait été vendue à HSBC 11 milliards d’euros. Aujourd’hui, elle est donnée avec un milliard...

Et ça arrive souvent que l’entreprise qui vend paie pour se débarrasser d’une filiale ? 

En fait assez souvent. Barclays avait payé 400 millions pour que le fonds Anacap reprenne ses agences françaises. Il faut dire que l’activité bancaire confrontée à la concurrence des banques en ligne n’est plus très attractive aujourd’hui.

Les investisseurs préfèrent les start up bancaires qui cassent les prix, comme Revolut ou N26, qui séduisent les ados, comme Vybe, Kard ou PixPay, ou qui trustent le crédit immobilier comme MeilleurTaux

Mais les transactions avec un chèque du vendeur ne se limitent pas au secteur bancaire. Saint-Gobain a par exemple payé un fonds allemand, le fonds Mutares, pour qu’il reprenne les magasins et les usines Lapeyre. Et ça ne se passe d’ailleurs pas très bien. 

Thèmes associés