Malgré le suspense électoral, la Bourse américaine, aussi bien le Nasdaq que le New York Stock Exchange, a terminé en hausse hier mercredi 4 septembre. Un optimisme étonnant dans ce contexte tendu, mais qui s'explique.

La Bourse américaine fait feu de tout président
La Bourse américaine fait feu de tout président © Getty / Pacific Press

Cette résistance de Wall street est surprenante d’autant que l’atmosphère à New York était très spéciale. Ce sont les traders et les analystes financiers qui le racontent. En tout cas ceux qui sont allés au bureau hier, car ils ne sont pas si nombreux. 

Les patrons de banques sont pour beaucoup réfugiés dans leurs luxueuses résidences secondaires des Hamptons pour échapper à la pandémie qui repart de plus belle. Et une bonne partie des employés de la finance sont en télétravail. 

Les autres ont vu, pendant la nuit électorale, des rues plutôt désertes et, au coeur de Manhattan, des vitrines de magasins protégées par des panneaux de bois, pour prévenir d’éventuelles manifestations ou violences. 

Qu’est-ce qui explique que ce rebond de la Bourse ? 

Il y a d’abord eu une heure de panique puis les financiers ont repris leurs esprits. Ils ont d’abord salué le fort taux de participation. 

Et surtout ils se sont dit que, quel que soit le président élu, il le serait sur le fil du rasoir, sans majorité forte pour soutenir sa politique. Chaque décision, chaque réforme prendra donc du temps, même le vote d’un nouveau plan de soutien à l’économie pour faire face à la pandémie. 

La Banque centrale américaine, la Réserve fédérale, n’aura donc pas d’autre choix que de laisser les taux d’intérêt à un niveau très bas et de continuer à imprimer des dollars, le fameux “quantitative easing” pour soutenir l’économie. Le cabinet Oxford Economics  pense qu’elle va le faire jusqu’en 2024. Or cela, c’est très bon pour la Bourse. Tant que la bulle n’éclate pas... 

Hier les actions de Gafa étaient en grande forme… 

Oui. Apple a gagné 4%, Facebook 8%, Alphabet, la maison-mère de Google, 6%. Leurs actionnaires se disent que Joe Biden n’aura pas la majorité dont il rêvait pour démanteler ou réguler les géants du numérique. Les actions des sociétés pharmaceutiques ou des banques ont bien résisté aussi, pour les mêmes raisons. 

Côté fiscal, il n’est pas sûr non plus que Joe Biden  puisse relever les impôts comme il le souhaite et ses dépenses seront plus difficiles à faire passer. Il y aura sans doute moins de grands travaux que prévu. D’ailleurs l’action Caterpillar a baissé. Mais c’est moins de dette en perspective, ce qui a fait baisser les taux d’intérêt.

Avec les marchés financiers, attention quand même: la vérité d’un jour n’est pas forcément celle du lendemain.