Depuis le départ d’Isabelle Kocher en février, le groupe Engie, 170 000 salariés, n’avait plus de directeur général. Vendredi, il, ou plutôt, elle a été nommée : ce sera donc Catherine MacGregor. Qui est-elle ?

Qui est Catherine MacGregor, nouvelle D.G. d'Engie ?
Qui est Catherine MacGregor, nouvelle D.G. d'Engie ? © AFP / BERTRAND GUAY

Rien à voir avec l’actrice qui jouait le rôle ingrat de Harriet Oleson dans La petite maison dans la prairie, même si c’est elle qu’on trouve quand on “google” ce nom… Catherine MacGregor est deux fois plus jeune, elle a 48 ans. Elle est plutôt discrète donc. 

Ce nom anglo-saxon, elle le doit à son ex-mari, un Écossais. Elle est mère de deux filles de 16 et 21 ans. Elle est elle-même fille de deux profs de maths. Avec eux, elle a grandi au Maroc jusqu’à 14 ans. Elle est ingénieure, diplômée de l’école Centrale de Paris. 

Une fois ses études terminées, elle a rejoint la société Schlumberger. Cette entreprise alsacienne, devenue multinationale, fournit des produits et des services aux groupes pétroliers, en particulier pour les forages et les plateformes. “Schlum” comme disent les anciens, l’a envoyée au Congo, en Malaisie, aux Etats-Unis, à Londres, jusqu’à devenir patronne du forage. 

Un parcours qui l’a amenée à postuler au poste de PDG il y a un an et demi. Mais c’est Olivier Le Peuch, qui a dix ans de plus qu’elle, qui a été choisi. 

Elle est donc partie chez un concurrent, le groupe Technip-FMC… 

Oui. D’ailleurs, elle n’a pas manqué de sollicitations ces dernières années. On a parlé d’elle pour diriger Nexans, le spécialiste des câbles, ou pour Vallourec, une autre société de service aux pétroliers. Elle avait été sondée pour succéder à Isabelle Kocher dès février, mais elle avait décliné à ce moment-là. 

Comme vous le disiez Mathilde elle venait de rejoindre Technip FMC et ce groupe devait se scinder en deux. Elle dirigeait une des deux moitiés, Technip Services, et devait l’emmener en Bourse. Mais la Covid a toutefois eu raison de ce projet. 

D’où l’idée, en août, de lui reparler d’Engie. Bruno Le Maire tenait à ce qu’il y ait au moins un homme et une femme en lice pour le poste dans la dernière ligne droite. Elle a donc accepté mais Engie c’est un beaucoup plus gros morceau que tout ce qui lui a été proposé jusqu'à maintenant. 

Et c’est elle qui va trancher cette affaire de vente de Suez à Veolia ? 

Alors non Mathilde, car elle prendra ses fonctions le 1er janvier et d’ici là, le sort de la participation d’Engie dans Suez devrait être scellé. Son rôle sera donc plutôt d’investir les 3 milliards d’euros que le groupe aura récupérés en échange. 

Se pose donc une autre question : elle qui vient du monde du pétrole a-t-elle la fibre de la transition énergétique et des énergies renouvelables ? Elle jure que oui. Elle avait engagé le mouvement chez Technip Services. 

Mais les ONG veulent confirmation. L’association Les Amis de terre demande par exemple à Engie de renoncer à un gros contrat d’approvisionnement en gaz de schiste américain. C’est un premier test. 

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