Le groupe LVMH inaugure aujourd’hui à Beaulieu-sur-Layon, entre Angers et Cholet, un atelier Louis Vuitton.

Une ouvrière travaille sur un sac le 12 octobre 2018 à la maroquinerie Louis Vuitton de Juilley, dans l'ouest de la France.
Une ouvrière travaille sur un sac le 12 octobre 2018 à la maroquinerie Louis Vuitton de Juilley, dans l'ouest de la France. © AFP / Loic Venance

Le luxe est un secteur crucial pour l’économie française. Il représente 150 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Une entreprise sur treize travaille pour lui.

Il contribue évidemment positivement à la balance commerciale. Les exportations de sacs, de vêtements, de bijoux, de spiritueux ont dépassé l’an dernier celles du secteur aéronautique

Les quatre groupes du secteur cotés en Bourse - LVMH, L’Oréal, Kering et Hermès - pèsent plus du quart de l’indice CAC 40. Depuis la crise de 2008, la valeur des actions LVMH et Kering a sextuplé.  

C’est bien pour leurs actionnaires, mais qu’est-ce que ça veut dire pour le reste des Français ? 

Beaucoup d’emplois évidemment, entre 500 000 et un million. Selon le classement du magazine L’Usine nouvelle, LVMH arrive en deuxième position pour les recrutements dans le secteur industriel, juste après la SNCF, avec 14 300 embauches prévues en 2019 (cette année), dont 200 à Beaulieu-sur-Layon. 

Hermès, autre grande maison du luxe français, a aussi inauguré un nouveau site en Seine-et-Marne mardi, avec 250 recrutements. 

On voit beaucoup moins Kering, car ses marques, hormis Saint-Laurent, sont surtout italiennes. 

Point intéressant, les emplois sont bien répartis sur le territoire. Les ateliers Vuitton - 16 au total - sont à Ducey (Manche), à Issoudun (Indre), à Saint-Pourçain (Allier)… Ceux du groupe Hermès sont à Bogny-sur-Meuse (Ardennes), à Montbron (Charente), à Annonay (Ardèche)... 

Et les recrutements sont très ouverts. Pas besoin d’être déjà maroquinier. LVMH et Hermès forment leurs artisans. A Beaulieu-sur-Layon, Vuitton s’est appuyé sur le lycée de la mode de Cholet. Ils valorisent énormément l’apprentissage. 

En Une de L'Obs cette semaine, l’économiste Thomas Piketty, qui nous donne une interview à l’occasion de la sortie de son nouveau livre événement Capital et idéologie : 1200 pages d’analyse des inégalités et surtout des pistes pour “dépasser le capitalisme” et inventer un “nouveau socialisme participatif”. Alors dans ce nouveau monde, les entreprises du luxe auraient toujours une place, puisqu’il resterait des multimillionnaires. Mais les milliardaires qui les contrôlent, comme Bernard Arnault, le PDG de LVMH, devraient partager le pouvoir avec les salariés et verraient leur fortune fondre sous les taxes… Pour l’économiste, que je cite, personne ne peut « soutenir que l’existence [de ces milliardaires] soit nécessaire à l’intérêt général ». 

Le débat ne fait que commencer. 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.