Free a sorti cette semaine sa nouvelle Box Internet. L’opérateur nous avait promis une révolution : a-t-il tenu sa promesse ?

En tout cas, le propriétaire de Free, Xavier Niel avait soigné sa mise en scène. Ambiance californienne, on serait cru chez Apple pour le lancement d’un nouvel iPhone.  Sauf qu’on était dans le centre de Paris au siège du groupe pour la présentation de la Box Delta.   

Que permet-elle, cette box ? 

Plein de choses – trop peut-être – téléphone, télé, Internet, bien-sûr, mais elle intègre aussi des enceintes Devialet, pour le son, une qualité d’image en très haute définition, un abonnement Netflix et même la reconnaissance vocale d’Amazon. Elle gère aussi l’ouverture et la fermeture de vos volets roulants, et supervise votre dispositif de vidéo surveillance.  Elle ne prépare pas le café, mais elle donne l’heure. Et c’est drôlement pratique. Cette orgie technologique a un prix : 59 euros par mois. Et une seconde box, plus simple, à partir de 30 euros. C’est cher, très cher. C’est même du luxe.

Un changement radical pour Free qui se positionnait jusqu’à présent sur les prix bas.

L’ancien trublion des télécoms s’est clairement embourgeoisé. D’ailleurs on ne reconnaît plus le Xavier Niel du lancement de Free Mobile, c’était il y a six ans. Il était impulsif, belliqueux, il accusait ses concurrents de prendre leurs abonnés pour des pigeons. Et il avait semé la pagaille avec ses abonnements à zéro euro. La métamorphose est radicale. L’homme est devenu civil et calme. Vous me direz, il vaut mieux quand on se positionne chic et haut de gamme. L’opérateur est en opération de reconquête – il a perdu plus de 60 000 abonnés à sa box depuis le début de l’année. Et ceux qui restent sont de moins en moins rentables.

Cette nouvelle stratégie, cette incursion dans le haut de gamme, peut-elle réussir ?

C’est loin d’être gagné. D’abord parce que Free s’adresse à une clientèle aisée déjà très bien équipée en matériels et services high-tech. Et qui n’a pas forcément envie d’une solution tout en un.  

Ensuite parce qu’il complexifie son offre avec ce grand écart entre low cost et haut de gamme. Xavier Niel brouille l’image.  Certains de ses concurrents parlent d’une stratégie d’attente : selon eux, Free cherche à regonfler ses marges, rassurer le marché et augmenter sa valorisation. A l’aube d’une possible consolidation du marché des télécoms en France.

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