Emmanuel Macron n’arrive pas à se débarrasser de l’étiquette de ”Président des riches”, même après avoir débloqué des milliards d’euros pour répondre au mouvement des Gilets jaunes. Et ce n’est pas fini…

Ce sparadrap lui colle à la peau Mathilde. Hier, l’Observatoire Français des Conjonctures économiques, l’OFCE, a publié une analyse détaillée de l’impact des mesures fiscales et sociales prises par le gouvernement pour 2020. 

Dans cette étude, on voit bien les précautions prises par Bercy pour avantager les classes moyennes et ceux qui travaillent, plutôt que les grandes fortunes. Mais il y a toujours un bug. Les ménages les plus pauvres apparaissent encore une fois oubliés par Emmanuel Macron. 

Les 20% les plus modestes perdent entre 10 euros et 45 euros de pouvoir d'achat en 2020, alors que certains ménages qui ont plus de 3 500 euros de revenu disponible mensuel peuvent gagner 610 euros. 

Ça s’explique par trois raisons :

  • La baisse des allocations logement pèse toujours sur le revenu des plus pauvres. 
  • La réforme de l’assurance chômage va faire perdre des droits aux demandeurs d’emploi les plus précaires, ceux qui enchaînent les contrats courts. 
  • Et puis il y a le poids de la fiscalité du tabac qui continue à monter. 

Alors attention. Bercy conteste les calculs de l’OFCE. Les économistes auraient sous-estimé les effets de la prime d’activité, qui a été revalorisée, et qui complète les revenus des petits salaires. De plus en plus de ménages la sollicitent. 

Les équipes de Bruno Le Maire minimisent aussi l’effet sur le pouvoir d’achat de la hausse de la fiscalité du tabac, car si on arrête de fumer, elle est indolore. Malheureusement, ce n’est pas si simple... Enfin le gouvernement table sur une poursuite de la baisse du chômage, l’emploi étant le meilleur allié du pouvoir d’achat. 

Emmanuel Macron a aussi fait des efforts pour corriger son image d’ami des riches

C’est vrai. La réforme de l’assurance-chômage pénalise les cadres payés plus de 4500 euros par mois par exemple : leur indemnité sera dégressive. Ils seront les seuls dans ce cas. Les cadres à très très hauts revenus (plus de 10 000 euros par mois) seront aussi moins bien couverts par le futur système de retraite par répartition.

Il faut aussi reconnaître que les 17 milliards d’euros de pouvoir d’achat redistribué aux Français depuis 2018 - une belle somme tout de même - ont été assez largement répartis, même si ça ne suffit pas à faire oublier que 4 milliards ont profité aux 5% les plus aisés. 
 

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