Au mois d’août, "Microsoft Japon" a proposé à ses salariés de tester la semaine de quatre jours sans changement de salaire. Et ça a été une réussite, au-delà des espérances de Takuya Hirano, le patron des 2 300 salariés, qui leur a dit “travaillez moins, reposez-vous bien et surtout apprenez beaucoup pendant ce temps".

La semaine de quatre jours - ou le week-end de trois jours...
La semaine de quatre jours - ou le week-end de trois jours... © Getty / Kiyoshi Hijiki

L’entreprise a amélioré sa productivité de 40%

Comment ? Spontanément, les salariés ont réduit leurs temps de pause. Ils ont raccourci les réunions ou les ont faites par téléphone ou vidéo conférence. Après leur week-end de trois jours, ils étaient aussi plus reposés et donc plus efficaces. 

Pendant ce test, la consommation d’électricité a baissé de 23% et on a imprimé 59% de pages en moins !  

Un salarié sur dix, ceux qui sont au contact avec les clients, n’ont toutefois pas complètement apprécié leur jour de repos supplémentaire. Ils pensaient à la surcharge de travail de leurs collègues, moins nombreux face aux clients pendant qu'ils sont en repos. Donc pas de généralisation pour l’instant, mais l’expérience recommencera. 

Travailler moins et mieux pour être plus créatif, c’est une idée qui monte et pas seulement au Japon. Après un essai de deux mois concluant, Perpetual Guardian, une société néo-zélandaise de la finance, a sauté le pas pour ses 240 salariés.  

Même avec les 35 heures, on n'en est  pas encore là en France... 

On en parle aussi du modèle français dans la campagne présidentielle américaine 

C’est Steve Rattner, un financier de Wall Street, assez proche d’Obama, qui a lancé le débat dans les colonnes du New York Times. Il n’a aucune envie qu’on taxe sa fortune, comme le propose la candidate à l’investiture pour les démocrates Elizabeth Warren. 

Il menace donc : “si vous voulez vivre (économiquement) comme en France, Elizabeth Warren est votre candidate” : elle propose la Sécurité sociale, l’université gratuite, la taxation des plus riches et un Etat plus présent. L’horreur quand on n’a aucune envie de partager. 

Cette attaque contre notre modèle a déclenché un mouvement de défense

Avec en tête le prix Nobel d’économie et éditorialiste du New York Times Paul Krugman, qui a rappelé sur Twitter qu’en France, un homme vit en moyenne quatre ans de plus qu’aux Etats-Unis et ce dans une société bien moins inégalitaire. 

Notre modèle français n’a donc pas que des défauts, comme le rappelle le député LREM Roland Lescure, en réponse à Thomas Piketty dans L’Obs cette semaine. Nous l’oublions peut-être trop souvent.
 

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