Les rideaux baissés, les commerces qui n’ont pas rouvert après le confinement et ceux qui risquent de fermer quand les aides de l’Etat vont se tarir, c’est la hantise des maires qui veulent sauver leur centre ville. Que peut-on faire pour les aider ?

C’est un casse-tête et une préoccupation urgente. L’Etat a tout fait depuis le début du confinement pour repousser les faillites, mais le délai de grâce pour se déclarer en cessation de paiement si jamais on ne peut pas payer ses créanciers s’arrête demain mercredi 7 octobre. 

On rentre donc dans une zone très dangereuse, en particulier pour ces commerces de vêtements, de chaussures, où nous n’avons pas envie d’aller avec un masque sur le nez, alors que l’on trouve tout en ligne. 

Les pouvoirs publics doivent donc agir et ils ont confié cette mission à la Banque des Territoires. La Banque des territoires, c’est le bras armé de la Caisse des dépôts  pour épauler les collectivités territoriales. Elle doit détailler ce matin son plan de relance du commerce de centre ville.

Vous en connaissez déjà les grandes lignes. Est-ce qu’il peut faire des miracles ? 

Des miracles, non, Mathilde, mais des avancées, oui. La première, c’est évidemment l’accélération du passage au numérique. A la fin du confinement, beaucoup de commerçants se sont mis au “click and collect”, il faut continuer et aller plus loin.

La Banque des territoires va donc accorder des subventions aux villes, jusqu’à 20 000 euros, pour qu’elles se dotent de plateforme de commerce en ligne où leurs commerçants pourront facilement s’intégrer. La Poste en propose une, qui s’appelle Ma Ville Mon shopping. La start up normande Ollca a aussi une offre intéressante et elle est en plein croissance. Le ministère de l’économie est aussi en train de mettre au point une offre de formation au numérique pour les indépendants. 

Le numérique, c’est la solution à tout ? 

Bien sûr que non. La Banque des Territoires peut aider les maires à diagnostiquer les commerces à risque.  Elle veut aussi aider les centres villes à se transformer en privilégiant ou développant les commerces où l’on trouve du conseil: le boucher et sa recette ou son cours de cuisine, le fromager qui fait déguster, le libraire passionné... 

Pour faciliter cette transformation, la Banque des Territoires peut co-financer pendant deux ans l’embauche par les mairies de managers de centre ville. Si  ce métier vous tente, il existe une Fédération des managers de ville qui peut vous renseigner. 

Il faut avoir la pêche, car si les Français, dans toutes les enquêtes, disent vouloir soutenir leurs commerçants de proximité, Cdiscount ou Amazon gagnent des parts de marché. Le géant américain vient encore d’annoncer l’ouverture d’une plateforme logistique géante au sud de Nantes. 

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