Une réunion des ministres des finances de la zone euro se tiendra cet après-midi. En visio conférence, forcément. Elle prolongera celle des chefs d’Etat et de gouvernement qui a eu lieu la semaine dernière, pour discuter d'un grand plan de soutien. Avec ou sans coronabonds ?

Des Eurobonds pour demain ? Le combat français continue.
Des Eurobonds pour demain ? Le combat français continue. © AFP / FRANCOIS MORI / POOL

C’est en tout cas ce que répète Bruno Le Maire, avec beaucoup d’insistance. Il n’hésite pas à mettre en scène ce moment. 

Il se bat pour un vieux rêve français: une Europe plus intégrée, plus solidaire, qui mutualise une partie de sa dette. Il voudrait que les Etats de la zone euro empruntent ensemble pour préparer la sortie de crise. Tous les pays pourraient ainsi bénéficier des taux allemands, les plus bas du monde, pour financer des plans de relance. 

Cela permettrait notamment d’éviter que certains Etats aient les moyens de repartir vite - l’Allemagne, les pays scandinaves…- tandis que d’autres décrocheraient - l’Italie, l’Espagne. 

L’Europe n’y résisterait pas, prévient Bruno Le Maire, qui cite sans cesse les propos de la chancelière Merkel. Elle a dit que ce virus est “la plus grande mise à l’épreuve de l’histoire” de l’Union européenne. 

L'Allemagne serait d’accord pour mutualiser une petite partie de la dette ? 

Pas du tout. Mais elle soutient un plan européen déjà massif qui prévoit, par exemple, 100 milliards d’euros pour financer le chômage partiel. 

Elle mesure tout-à-fait les enjeux. 

L’Allemagne est prête à mobiliser 10% de son PIB pour soutenir sa propre économie. Elle sait que les autres pays auront besoin aussi d’un giga plan. 

Faut-il pour cela émettre de la dette en commun ? Pour l’instant, sa réponse est non, mais elle participe au débat comme jamais. La France tente donc le tout pour le tout, en menaçant de bloquer un accord si le principe d’un fonds de relance financé en commun n’est pas acté. Quitte à discuter plus tard des détails.

Et ça va marcher ? 

On ne sait pas et ces sempiternels débats sur la dette commune peuvent paraître lassants, voire dangereux. Car au fond, plus on met de choses en commun, a fortiori de la dette, plus on donne aux autres un droit de regard sur ce que l’on fait dans son pays, par exemple à quel âge on part à la retraite. C’est logique. 

Et puis, dans cette période, on préférerait que l’Europe nous parle de vaccin - dont elle finance activement la recherche-, de tests, de sortie organisée et coordonnée du confinement. Plutôt que de s’enferrer dans un débat économique qui ressemble à un serpent de mer.  

Sauf qu’on le regrettera peut-être dans quelques mois, quand les Etats-Unis et la Chine mobiliseront des moyens énormes pour relancer leurs économies à l’arrêt, soutenir leurs entreprises, et que nous serons incapables de nous mobiliser. C’est que Emmanuel Macron et Bruno Le Maire essaient d’éviter. 

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