Dernière victime en date: Airbus. Et ces actions inquiètent beaucoup les autorités.

Cette cyberattaque contre Airbus a été révélée la semaine dernière par un communiqué de l’avionneur. On en sait aujourd’hui un peu plus sur cette affaire. Les pirates ne s’en sont pas pris directement au système d’information d’Airbus, réputés ultra sécurisés.  Ils sont entrés, il y a quelques mois, via les ordinateurs de l’un de ses sous-traitants français, apparemment moins bien protégés. Et ils ont pu consulter des données à caractère personnel de plusieurs cadres du groupe. Apparemment les pirates ciblaient des documents techniques relatifs à la certification des avions fabriqués par Airbus. Une tentative d’espionnage industriel caractérisée. 

Qui est derrière cette attaque ? 

Les cyber enquêteurs se sont rapidement mis au travail. Et ils sont convaincus que c’est un groupe de hackers chinois qui est derrière toute l’opération. Les enquêteurs ont trouvé des indices qui ne laissent aucun doute. Et ils ont même un nom ces pirates: APT 10. L’expression désigne un groupe d’individus dont le but est avant tout l’espionnage et la surveillance.  Leurs attaques sont très sophistiquées et nécessitent des moyens importants. Ils sont généralement sponsorisés par des États: dans le cas présent, l’Armée populaire de Chine qui emploierait pas moins de 130.000 cyber soldats. De vrais experts de l’infiltration silencieuse, capables de rester dissimulés sur les réseaux pendant des années sans être découverts. Plusieurs entreprises françaises comme Safran ou Areva l’ont appris à leur dépend.  

Comment peut-on attribuer avec certitude l’origine d’une attaque?  

En réalité, c’est quasiment impossible. Lors des derniers Jeux Olympiques d’hiver, en Corée du Sud, des hackers avaient semé la pagaille lors de la retransmission de la cérémonie d’ouverture. Une dizaine de sociétés de cybersécurité se sont intéressées à l’affaire : de l’Iran à la Corée du Nord en passant par la Russie. Une bonne dizaine de nations ont été montrée du doigt. Les groupes de pirates qui mènent ces opérations sont des spécialistes de la dissimulation: on laisse de faux indices pour mettre la faute sur le voisin. Dans ce genre d’histoires, il faut aussi regarder à qui profite le crime. Et qui aurait intérêt à espionner Airbus pour favoriser son principal concurrent? Boeing et pas forcément la Chine.

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