Jean-Paul Delovoye, le haut-commissaire qui pilote le chantier de la réforme des retraites, rencontre pour la dernière fois cette semaine patronat et syndicats. L’un des enjeux de la réforme : les seniors ?

Quelle réforme des retraites ?
Quelle réforme des retraites ? © Getty / Angela Demi / EyeEm

Emmanuel Macron l’a décidé : il va falloir cotiser plus longtemps pour toucher sa retraite. 

Le problème, c’est que nombre de seniors finissent leur carrière au chômage. C’est même la seule catégorie d’âge qui ne profite pas de l’embellie actuelle de l’emploi. 

En mars 2019, il y avait 1 400 000 chômeurs âgés de plus de cinquante ans à Pole Emploi. Ils étaient trois fois moins nombreux en 2008. 

La crise est passée par là. Mais pas seulement : la réforme des retraites de 2010, en repoussant l’âge de la retraite à 62 ans, a obligé les seniors à rester sur le marché du travail, alors que les entreprises les poussent vers la sortie. 

Travailler plus longtemps, ça risque donc de vouloir dire : être au chômage plus longtemps.

Les pouvoirs publics n’incitent plus les entreprises à garder les seniors 

L’un des derniers dispositifs existant, c’était le contrat de génération créé sous François Hollande. Ça ne marchait pas vraiment et les ordonnances Macron en 2017 l’ont supprimé.

Mais le pire, c’est que dans ces ordonnances, certaines mesures facilitent l’éviction des seniors. Notamment les ruptures conventionnelles collectives, qui permettent aux entreprises d’organiser des départs volontaires de salariés, sans avoir à justifier de difficultés économiques. Et sans respecter les critères des plans de sauvegarde de l’emploi qui protègent plutôt les seniors.

Peut-on déjà évaluer les effets de cette mesure ?

Pas complètement, mais les premiers retours chez PSA, Sanofi ou Carrefour montrent que les entreprises utilisent les ruptures conventionnelles collectives pour rajeunir leurs effectifs, en proposant des préretraites maison ou un chèque pour favoriser la reconversion du salarié. Un gros chèque, c’est tentant, mais se reconvertir après 50 ans, ça reste très risqué.

Le gouvernement a l’intention de faire quelque chose pour permettre aux seniors de conserver leur travail plus longtemps :

Jean Paul Delevoye, le haut-commissaire à la réforme des retraites devrait proposer aux partenaires sociaux de développer des dispositifs comme le cumul emploi retraite et la retraite progressive.

A ce stade, on ne connaît pas les détails, notamment financiers. Donc difficile de dire si cela sera vraiment avantageux pour les salariés. Et si les entreprises joueront le jeu. 

Le Medef propose que les chômeurs seniors qui acceptent un emploi moins bien payé que leur travail précédent reçoivent une aide compensatrice de la part de Pôle Emploi ou l’assurance chômage. 

Et si on commençait plutôt par ne plus les licencier ?

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