L’immobilier et les baskets font bon ménage. La preuve : la vente d’un immeuble sur les Champs-Elysées qui a battu un record de prix, grâce à son locataire : Nike, la célèbre marque de sport.

L'immeuble de la boutique Nike sur les Champs-Elysées à Paris
L'immeuble de la boutique Nike sur les Champs-Elysées à Paris © AFP / Jacques Loic / Photononstop

On vit vraiment dans une  époque paradoxale. Le 17 novembre, ce sera le premier anniversaire de l’Acte 1 des Gilets jaunes. L’an dernier à cette époque, le mouvement commençait à s’organiser. Et le 24 novembre, les images de la première manifestation sur les Champs Elysées faisaient le tour du monde. 

Un an plus tard, comme si de rien n’était, l’assureur Groupama, propriétaire d’un très bel immeuble art déco, au numéro 79 de l’avenue des Champs Elysées, vient de le vendre pour un prix record de 613 millions d’euros au fonds souverain norvégien Norges. 

613 millions d’euros, pour un immeuble de sept étages, 7 700 mètres carrés au total, cela fait un prix au mètre carré de… 80 000 euros. 

Ils sont fous ces Norvégiens !

Pas du tout. Ils sont au contraire plutôt sages. Norges, c’est le fonds qui réinvestit les bénéfices que la Norvège tire de la vente de ses hydrocarbures pour préparer l’après-pétrole. Seulement avec des taux d’intérêt très bas, comme aujourd’hui, Norges, comme tous les investisseurs, ne sait plus très bien où placer son argent. 

Surtout, il paie un prix très élevé car il sait qu’il touchera un loyer exceptionnel. Là aussi accrochez-vous ! L’immeuble est loué à Nike 16 millions 8, presque 17 millions d’euros par an. Un tout petit plus que ce que paie Apple installé de l’autre côté de l’avenue. 

Comment un fabricant de chaussures de sport peut-il s’offrir un tel loyer ? 

Le magasin Nike n’est pas un magasin comme les autres, mais une “maison de l’innovation”, explique le fabricant. On y entre guidé par son smartphone. 

On peut y “customiser” ses chaussures, c’est-à-dire en personnaliser la couleur, les lacets. Dans les magasins de ce type -  il en existe deux autres dans le monde, à New York et Shanghaï- les clients dépensent 30% de plus que dans les boutiques classiques. 

D’ailleurs les fans “claquent” de plus en plus d’argent pour leurs sneakers (ne leur parlez surtout pas de basket, c’est ringard). Quand, en 1983, une paire de New Balance a franchi  pour la première fois le prix symbolique de 100 dollars (90 euros), c’était un événement. Aujourd’hui il y a jusqu’à six mois d’attente pour s’offrir une paire de Balenciaga triple S à… 850 dollars, 750 euros ! 

Les sneakers, c’est un cinquième du marché des souliers de luxe aujourd’hui. D’où cette folie immobilière que rien n’arrête sur les Champs…  

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