Le Sidaction a franchi la barre des 4 millions et demi d’euros de promesses de dons: ce n’est pas un record, mais c’est plus que l’an dernier. Et ce n’est pas à l’image de la globalité des dons aux associations en France…

En 2018, ces dons ont fortement baissé, selon une étude de « France générosités », un syndicat qui regroupe des organisations caritatives. Le mouvement est très net: pour la première fois depuis la grande crise de 2007-2008, les dons aux associations et aux fondations ont fondu de 4,2%. La première explication tient bien sûr aux fins de mois difficiles mis en relief la fronde des gilets jaunes. Et la hausse de la CSG pour les retraités n’a rien arrangé. Les plus modestes ont toujours le cœur sur la main, ils sont toujours aussi nombreux à donner mais ils donnent moins. 

Avec la suppression fin 2017 de l’impôt sur la fortune, transformé en IFI – l’impôt sur la fortune immobilière -, les dons des plus aisés se sont effondrés.  Ceux qui y sont assujettis peuvent toujours déduire de leur impôt 75% de leurs dons avec un plafond de 50.000 euros. Mais, comme il y a moins de gens à l’IFI qu’à l’ISF, eh bien mécaniquement les dons baisses. Pas de carotte fiscale, pas de générosité. Et le manque à gagner est colossal puisqu’il est estimé, pour l’an dernier, entre 130 et 150 millions d’euros.   

Les associations les plus pénalisées sont, hélas, les associations qui viennent en aide aux plus défavorisés comme la Fondation Abbé Pierre ou ATD Quart Monde.  Seul le Secours populaire, très bien implanté localement, tire son épingle du jeu.   Autres victimes de ce trou d’air de la générosité des Français, les grands noms de la recherche médicale.  C’est le cas de Ligue contre le cancer ou de l’Institut Pasteur.   En revanche, les associations de défense de l’environnement ou de la cause animale, très en vogue, sont totalement épargnées. Les dons affluent même au WWF et chez Greenpeace.  

Toutes les associations lancent ou relancent des campagnes pour mieux expliquer et sensibiliser à la cause qu’elles défendent.  Plus prosaïquement, la fiscalité restant un outil puissant d’encouragement aux dons, France générosité, qui fédère 22 organisations – d’Action contre la faim à l’Institut Curie en passant par Amnesty - propose que la déduction fiscale passe de 66% à 75% pour tous les dons supérieurs à 1500-2000 €.  Vous avez enfin des modes de récolte des dons plus innovantes. Je pense aux cagnottes en ligne, à l’arrondi en caisse ou aux cartes bleues solidaires qui vous permettent, à chaque achat, de verser quelques centimes à l’association de votre choix. C’est le principe des petits ruisseaux et des grandes rivières, c’est vieux comme le monde mais c’est très efficace.

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