Michel Rollier, président du Conseil, sera remplacé par Barbara Dalibard en 2021. Deux nominations au comité exécutif vont par ailleurs renforcer la proportion de femmes au comité exécutif. Ce qui fait de Michelin une entreprise "amazone". Il y en a peu au CAC 40, encore moins en Allemagne qui veut imposer des quotas

Lors de la prochaine assemblée générale de Michelin, Michel Rollier, président du Conseil, prendra sa retraite et sera remplacé par une femme,
Lors de la prochaine assemblée générale de Michelin, Michel Rollier, président du Conseil, prendra sa retraite et sera remplacé par une femme, © AFP / Fotostand / K. Schmitt / Fotostand / dpa Picture-Alliance

Lors de la prochaine assemblée générale de Michelin, Michel Rollier prendra sa retraite et sera remplacé par une femme, une première. Elle s’appelle Barbara Dalibard. C’est une ancienne d’Orange et de la SNCF. Elle n’est pas apparentée à la famille Michelin, ce qui est aussi une première, mais elle est membre du conseil de surveillance de l’entreprise depuis douze ans.  Son poste est “non exécutif”: le conseil ne dirige pas l’entreprise, mais nomme les dirigeants et valide la stratégie. 

Le poste exécutif, celui de PDG, c’est Florent Menegaux qui l’occupe. Et lui aussi a décidé de s’entourer de davantage de femmes. C’est un petit scoop que je vous donne. Dès le mois de janvier il intégrera deux nouvelles dans le comité exécutif, le comité de direction : Bénédicte de Bonnechose et Lorraine Frega. 

Cela porte à 4 le nombre de femmes au Comex de l’entreprise. C’est l’une des proportions les plus élevées du CAC 40, presque 40% de femmes. Seuls Danone, Schneider Electric et Dassault Systèmes font mieux.  

On dit que Michelin est une entreprise “amazone’. Qu’est ce que ça signifie ? 

Rien à voir avec le géant du commerce en ligne. Cela signifie simplement que proportionnellement, il y a plus de femmes dans la direction que de femmes cadres dans l’entreprise. 

Les entreprises amazones sont pro-actives pour féminiser leurs instances dirigeantes et briser le plafond de verre. C’est Michel Ferrary, professeur à l’école de commerce Skema, qui a défini ce concept. 

En ce sens Michelin est exemplaire. D’autant qu’elle appartient au monde très masculin de l’industrie. D’autres entreprises comme LVMH ou Hermès ont beau évoluer dans un secteur très féminin, le luxe, elles ont toujours des instances dirigeantes très masculines. Elles sont même en queue de classement. 

Est-ce qu’il ne faudrait pas une loi pour obliger toutes les grandes entreprises à faire comme Michelin ? 

C’est une recommandation du Haut Conseil à l’Egalité femmes-hommes. Il existe déjà une loi, la loi Copé Zimmermann, qui impose aux entreprises d’avoir au moins 40% de femmes dans leur conseil d’administration. Elle est en vigueur depuis 2011 et elle a bien fonctionné. Alors en effet, pourquoi ne pas l’étendre aux comités exécutifs ?  

C’est d’ailleurs ce que l’Allemagne s’apprête à faire. Les deux partis de la coalition au pouvoir, la CDU de Madame Merkel et le SPD, sont d’accord pour imposer un quota de femmes dans les Comex des grandes entreprises, très en retard. 

Comme il y a de fortes résistances à ce texte, 40 femmes allemandes exceptionnelles, comme la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, ont accepté de participer à une campagne sur les réseaux sociaux où elles affirment: “je suis une femme quota”. Pour que personne ne se sente stigmatisée par ce terme. Et que l’égalité avance.