Il y a six mois, début septembre, le Premier ministre Jean Castex présentait le plan de relance. Il préside aujourd’hui la première réunion du comité de suivi, avec des parlementaires, des associations d’élus et bien sûr les partenaires sociaux.

De plus en plus de projets de re-localisation d'entreprises avec le plan de relance
De plus en plus de projets de re-localisation d'entreprises avec le plan de relance © Getty / EschCollection

Oui et on va entendre de bonnes nouvelles. C’est toujours plus facile de montrer le bienfait des dépenses que de dérouler un plan de coupes budgétaires… Mais c’est lundi, alors ne boudons pas notre plaisir ! 

D’abord les embauches des moins de 26 ans. Elles ont très bien tenu l’an dernier grâce aux primes prévues pour l’apprentissage et l’emploi de jeunes. Il y a même eu plus de contrats d’apprentissage signés qu’en 2019. 

Bonne nouvelle aussi, le redémarrage des ventes autos grâce à la prime de conversion ou au bonus écologique, avec à la clef un changement structurel, vers les moteurs hybrides ou électriques: en décembre 11% des véhicules vendus étaient des véhicules électriques contre 2% un an plus tôt. 

Autre succès : Ma Prime Renov. Presque 200 000 ménages en ont bénéficié pour leurs travaux, à raison de 4000 euros. Ce n’est pas rien. 

Dans le plan de relance, il y a surtout un volet d’aide aux entreprises, notamment pour les pousser à la relocalisation. Qu’est ce que ça donne ? 

Il ne s’agit pas de relocalisation au sens d’usines qu’on fermerait en Chine pour rapatrier les machines et les emplois. Il s’agit plutôt de projets en France qui permettront d’être moins dépendant des importations.

Ce qui est revigorant, c’est qu’en quelques mois Bercy en a déjà sélectionné 65, après avoir reçu quatre fois plus de dossiers. 34 projets avaient été annoncés en novembre. La sélection de janvier - 31 projets - sera rendue publique aujourd’hui. Il y a par exemple Xenothera à Nantes, qui va produire un traitement anti-Covid à base d’anticorps, Pili à Toulouse qui fait des pigments bio pour remplacer des pigments asiatiques polluants dans la peinture, Technoflex qui fait des poches médicales à Bidard ou Fruits rouges & Co à Laon qui produit déjà des fruits mais veut les transformer pour l’industrie agro-alimentaire. 

Et combien coûte à l’Etat ce plan de relance ? 

Depuis septembre, 10 milliards d’euros ont été dépensés comme prévu. Mais ce qui gonfle la note, ce sont toutes les primes: emploi des jeunes, auto, rénovation, rentrée scolaire.

Pour les relocalisations, l’Etat a pour l’instant déboursé 268 millions d’euros. A la clef il y a 3000 créations d’emplois. C’est donc une dépense importante : presque 100 000 euros par emploi. 

Il y a aussi dans la relance un soutien à l’investissement pour favoriser la robotisation des usines, leur digitalisation. Pour rembourser la dette qui finance tout ça, on compte sur le surplus de croissance qui viendra de tous ces projets industriels. Et on veut y croire, Mathilde, même si à ce stade, ce sont encore beaucoup de petites rivières. 

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