Le dispositif est en place depuis le premier janvier. C’est un chèque que l’administration fiscale envoie automatiquement aux ménages les plus modestes. Il sert à payer une partie des factures d’énergie de leur logement : l’électricité, le gaz, le fioul et même le bois.

Cette année, près de 6 millions de ménages devraient recevoir ce chèque. C’est 2 millions de plus qu’en 2018, parce que le gouvernement a relevé le plafond de revenus pour en bénéficier.  Vous vous souvenez du cafouillage autour de cette mesure? Elle a été annoncée en novembre par Edouard Philippe pour désamorcer la crise des Gilets jaunes. Annulée en décembre par le même Edouard Philippe après l’allocution du président à la télévision, avant d’être rétablie aussitôt sous la pression des députés.   

Une bonne nouvelle pour ceux qui ont du mal à payer leurs factures de chauffage cet hiver  

Le relèvement du plafond de ressources devrait bénéficier en théorie à tous les Français qui souffrent de la précarité énergétique: un fléau qui concerne un ménage sur cinq.  De plus, le montant du chèque énergie a également été revu à la hausse de 50 euros. Si vous vivez seul et que vous gagnez moins de 5 600 euros par an, vous toucherez une aide de 194 euros. 

Mais il y a plusieurs bémols

Tout d'abord, cette aide est très insuffisante. Pour une personne vivant au seuil de pauvreté, le chèque énergie ne devrait couvrir qu’un sixième de sa facture énergétique. Et à mesure qu’on se rapproche du plafond de ressources, le montant de l’aide devient insignifiant, et beaucoup de ménages n’en profitent pas. Parce que leur situation a changé entre le moment où ils font leur déclaration de revenus et celui où ils reçoivent un chèque. Ou tout simplement parce qu’ils ne transmettent pas le chèque qu’ils ont reçu à leur fournisseur d’énergie par méconnaissance du dispositif. Mais le principal problème, c’est que le chèque énergie reste au fond une subvention à la consommation d’énergie. Il n’incite pas à la réduire et il n’est quasiment jamais utilisé par les ménages pour financer des travaux de rénovation énergétique, alors que c’était l’un de ses objectifs.  

Quel coût pour les finances publiques?  

Un milliard d’euros en 2019, qu’on aurait pu utiliser pour aider directement les ménages les moins aisés, sans que ce soit lié à leur consommation d’énergie. Cela serait sans doute plus efficace pour les inciter à modifier leurs comportements et favoriser une transition à la fois écologique et solidaire.

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