Hier, deux cents cheminots en grève ont essayé d’occuper les bureaux de BlackRock à Paris. Une opération coup de poing. Rien ne semble calmer la polémique autour de cette société financière américaine, spécialiste de la gestion d’épargne pour la retraite. Pourquoi tant de colère ?

Quel est le problème avec BlackRock ?
Quel est le problème avec BlackRock ? © AFP / NurPhoto / Estelle Ruiz

BlackRock est une société spécialisée dans la gestion d’actifs. C’est-à-dire qu’elle va voir les fonds de pension, les caisses de retraite, les institutions financières, et s’occupe de placer leur argent sur les marchés financiers. Elle est devenue le gestionnaire de 6000 milliards d’euros d’actifs à travers le monde, ce qui fait d’elle un des premiers actionnaires du CAC 40. Et Larry Fink, son fondateur, qui a créé BlackRock en 1988, est un homme très riche. 

Pourquoi y a-t-il polémique ? 

D'abord, une photo circule où l’on voit ce fameux Larry Fink assis à la droite d’Emmanuel Macron. Elle alimente un soupçon: BlackRock aurait fait du lobbying pour que l’on développe en France les produits de retraite par capitalisation, une tendance bonne pour son business. 

Ensuite, le patron de BlackRock en France, Jean-François Cirelli a été élevé au grade d’officier de la Légion d’honneur, ce qui renforce les doutes. 

Des activités qui clivent. La gauche (tendance radicale) dénonce une attitude abusive de Blackrock, qui fait la promotion de l’épargne financière y compris pour la retraite - une promotion qui pourrait s’apparenter à du lobbying. Et la droite (canal libéral) dit: circulez, il n’y a rien à voir, c’est comme si on reprochait à un boucher de faire la promotion du bon goût de la viande. Et ce dernier argument n’est pas faux. 

Ce qui gêne, c’est la puissance de Blackrock

La polémique ne s'éteint pas, il y a donc bien un problème, mais pas celui que l'on croit. Ce qui gêne, c’est la puissance de Blackrock qu’aucun gouvernement ne peut ignorer. Si Larry Fink ou ses équipes pensent que la politique économique d’un pays n’est pas favorable aux placements de leurs clients, ils vont céder une partie des actions qu’ils détiennent dans les entreprises de ce pays. La taille de BlackRock est telle que la sanction boursière est immédiate. Le  problème, c’est donc sa taille. 

Il y a un autre problème: c’est le double langage. Larry Fink vante le capitalisme responsable, l’investissement de long terme, alors que ses financiers jugent surtout le court terme. Fink joue les défenseurs du climat, mais quand Donald Trump a dénoncé l’accord de Paris, il n’a pas démissionné du Forum des PDG qui le conseille et ses fonds sont plutôt passifs. 

Enfin, BlackRock embauche des porte-voix de plus en plus politiques comme, à Londres, l’ancien ministre des finances George Osborne, ou en Allemagne Friedrich Merz, un temps successeur potentiel d’Angela Merkel. Pas étonnant qu’il soit exposé. 

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