Le gouvernement va encore dégainer un plan de soutien… cette fois pour l’aéronautique… Les détails seront dévoilés demain… Que pèse cette filière dans l'économie française ?

2019 a été une année record pour Airbus: 358 avions vendus. En début d’année, les carnets de commandes étaient encore pleins. Et les Boeing 737 max de son grand rival étaient toujours cloués au sol, après deux accidents meurtriers. 

A ce moment-là, la grande préoccupation de beaucoup d’entreprises de l’aéronautique en France était: comment allons-nous recruter ? Comment attirer les talents ? Comment développer l’apprentissage ? 

Le Covid a complètement retourné la situation. Le trafic aérien s’est arrêté. Les compagnies d’aviation sont en quasi-faillite ou sous perfusion d’argent public. Elles renvoient leurs avions aux société de leasing. Le retour à la normale n’est pas attendu avant 2023. 

En mai, Airbus n’a enregistré aucune commande. Si les compagnies aériennes n’achètent plus d’avion, quel sera l’impact sur l’économie française ? 

L’aéronautique c’est 200 000 emplois directs, des emplois qualifiés, bien rémunérés. Jusqu’à présent, ils ont été protégés par le chômage partiel, mais dans les autres pays, les plans de réductions d’effectifs déjà annoncés montrent que 15 à 20% des postes sont en danger. On parle donc de 30 à 40 000 emplois. 

Partout des plans d’ajustement sont en préparation. On cherche des solutions pour éviter les licenciements secs. Chez Safran, par exemple, certains cadres de plus de 57 ans reçoivent individuellement des propositions de départ. Mais le groupe envisage aussi de passer à la semaine de 4 jours, le cinquième jour étant payé par le chômage partiel. 

Macro-économiquement, il faut aussi s’attendre à un choc. L’aéronautique c’est de loin notre premier secteur à l’export. 14% de toutes nos ventes à l’étranger. Nous sommes ultra spécialisés.

Que peut annoncer le gouvernement pour aider ce secteur ? 

Cette filière a un avantage: elle est très organisée autour de quatre grands acteurs: Airbus, évidemment, mais aussi Dassault, Safran, qui fait les moteurs, et Thales, toute l’électronique embarquée. 

Avec l’Etat et des investisseurs privés, ces quatre grands vont créer un fonds d’investissement, pour pouvoir apporter du capital à leurs sous-traitants et éviter que ces PME ne soient à la merci de groupes étrangers. 

Bercy prépare aussi un programme de soutien des ventes à l’export. Le ministère de la défense va accélérer ses commandes. Au total une dizaine de milliards d’euros seraient mobilisés, rien que par la France. 

C’est beaucoup mais c’est nécessaire. Car les Etats-Unis vont mettre à profit ce mauvais moment de pause dans les commandes pour régler les problèmes du 737 Max, et la Chine, pour essayer de rattraper le retard technologique de Comac. 

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