“Il manque un dernier étage à la fusée de la parité”. C’est l’expression employée par une quarantaine de patrons qui se disent prêts à augmenter la part des femmes aux postes à responsabilité. Faut-il instaurer des quotas, comme il y en a depuis dix ans pour les conseils d’administration ?

féminiser l'entreprise
féminiser l'entreprise © AFP / Klaus Vedfelt

Pas trop vite ! Sur le site du Journal du Dimanche, une quarantaine de patrons ont dit qu’ils étaient prêts à s’engager sur des objectifs chiffrés, mais pas dans les comités de direction. 

Ils proposent plutôt de travailler sur les 10% de postes à plus fortes responsabilités. C’est un périmètre plus large mais plus difficile à vérifier : tout le monde peut prendre le rapport annuel d’une entreprise et compter le nombre de femmes ou d’hommes dans la direction, c’est moins simple de vérifier des statistiques internes. 

Cela dit, c’est un engagement jugé encore trop audacieux par le Medef, très frileux sur le sujet. 

Ces patrons proposent d’avancer sur la base du volontariat. Est-ce qu’une loi ne serait pas plus efficace, comme l’a été la loi Copé-Zimmermann ? 

Si certainement. Cette loi dont on fête les dix ans a eu de très bons résultats puisque les conseils d’administration du CAC 40 sont aujourd’hui composés à 46% de femmes, un des meilleurs taux de parité au monde. 

Le gouvernement y est donc favorable. Et la députée de l’Essonne Marie-Pierre Rixain y travaille depuis plusieurs semaines. Elle va présenter ce matin au groupe LREM une proposition de loi qui propose des quotas, mais qui ne s’adresse pas qu’aux femmes dirigeantes : elle doit aussi faciliter l’accès à la formation des femmes en congé parental et interdire que le salaire d’une femme puisse être versé sur un compte bancaire dont elle n’aurait pas la signature. Ça existe encore ! 

Elle a le soutien du président Christophe Castaner. Si tout va bien le texte sera discuté en mai. 

Et que prévoit cette proposition de loi sur les quotas ? 

Que les entreprises de plus de 1000 salariés donnent chaque année la répartition femmes-hommes pour les 10% de postes à plus hautes responsabilités. On rejoint la tribune des patrons donc, mais avec plus d’ambition. Il faudra qu’il y ait au moins 30% de femmes à horizon 2027, dans cinq ans donc, et 40% à horizon 2030, sous peine de pénalité financière. on est à 20% aujourd’hui. 

Pour atteindre ces objectifs, davantage de femmes doivent sortir des formations scientifiques. Les établissements d’enseignement supérieur devront donc présenter des indicateurs détaillés et se préparer à avoir, eux aussi, des objectifs de parité. 

D’ailleurs, une question me titille, soufflée par Martin Hirsch, le directeur de l’AP-HP : pourquoi dit-on encore école d’ingénieurs et pas plutôt école d’ingénierie ?