Les députés ont voté vendredi l’obligation pour les grandes entreprises de publier les écarts de salaires. En vérité, cela ne va pas changer grand-chose...

Rappelons que l’objectif était double. D’abord, éviter les écarts abusifs de salaires alors que la rémunération des grands patrons défraie régulièrement la chronique. Deuxième objectif : réduire les écarts homme-femmes. De ce point de vue, la France reste un très mauvais élève. Mais j’ai eu beau lire et relire, l’article de la loi Pacte voté vendredi, je ne vois pas ce que ça va changer.  

Que devront précisément rendre public les entreprises ?   

Elles devront publier l’écart entre la rémunération de leur dirigeant et le salaire moyen dans l’entreprise. Sauf que, ça ne concerne que les sociétés côtés en bourse – soit 700 entreprises sur 3 millions et demi. Ensuite, vous trouvez déjà ce genre d’information dans les rapports sociaux des entreprises. Ça n’a jamais empêché les abus. Le gouvernement a ajouté dans le texte la notion de salaire médian. En clair, on vous dira la ligne de partage entre les 50% les mieux payés et les autres, mais sans référence ni à votre position dans l’entreprise – employés, cadres, etc – ni sans distinguer entre les hommes et les femmes, franchement ça n’est pas ça qui va changer la donne.   

Pourtant Emmanuel Macron a fait de l’égalité femme-homme une grande cause de son quinquennat

Souvenez-vous, le 8 mars dernier, journée de la Femme. Le président de la République, sort le bazooka. Les entreprises qui ne respectent pas la loi sur l’égalité salariale seront désignées à la vindicte populaire. C’est le Name and shame – nommer et faire honte. On l’attend toujours. Et le gouvernement s’était engagé à rendre obligatoire l’utilisation par les entreprises d’un logiciel traquant les inégalités injustifiées de salaires. Il est tombé aux oubliettes. 

Mais des entreprises qui pratiquent la transparence salariale, est-ce que ça existe ?

Pas vraiment. A Paris, on en a trouvé une. Elle s’appelle LUCCA, une PME d’une centaine de salariés créée en 2002. Tous ont accès à un logiciel interne qui donne le salaire de chacun du PDG à l’employé de bureau. Et, au bout de trois ans d’ancienneté, les salariés ont la possibilité de fixer eux-même leur salaire qu’ils soumettent à un grand jury formé par leurs collègues. 

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