La série documentaire de Gérard Mordillat sur Arte, “Travail, salaire, profit”, tombe à pic. Même le président de la République pourrait en regarder quelques extraits.

Pénible, le travail ?
Pénible, le travail ? © Getty / Malte Mueller

Vous avez entendu la petite phrase d'Emmanuel Macron à Rodez la semaine dernière pendant le débat sur les retraites ? Il a dit : 

Moi je n'adore pas le mot de pénibilité, parce que ça donne le sentiment que le travail serait pénible. 

Et bien cette question de la pénibilité, ou pas, du travail, est justement centrale dans cette série. Ne vous attendez pas, bien sûr, à ce que Gérard Mordillat donne raison à Emmanuel Macron. Le réalisateur et romancier a soutenu ouvertement Jean-Luc Mélenchon lors de l’élection présidentielle. Le ton est donné. 

Il s’agit là d’une série de six épisodes d’une heure avec des économistes qui enchaînent les interventions face caméra… sans rien d’autre…

Si vous trouvez ce format un peu pénible... il y a un grand avantage : la série est disponible à la demande sur le site Arte.tv. Vous pouvez donc la regarder à votre rythme, et vous avez deux mois et demi pour le faire! 

Le premier épisode, c’est vrai, est professoral et un peu déprimant. Il insiste bien sur l’origine latine du mot travail, trepalium, un instrument de torture. Il nous culpabilise aussi. Comment ose-t-on dire à un petit: “travaille bien à l’école”, alors même que le travail des enfants est interdit ? Je vous le demande. 

Pourquoi s’accrocher ? 

Parce qu’au deuxième épisode, on se prend au jeu. On touche aux nouvelles formes d’organisation du travail, à l’absurdité managériale, qui peut parfois nous démoraliser, jusqu’au burn-out. Et ça c’est pénible et ça nous parle à tous. 

Il y est question de ces “process” qui changent sans cesse, réorganisent la production et finissent pas faire oublier à l’ouvrier qu’il a un vrai savoir-faire. Il est aussi question des chief happiness officers, ces responsables du bonheur, apparus dans les start up, racontés avec beaucoup de causticité par Frédéric Lordon, le penseur de l’ultra gauche et du mouvement “Nuit debout”. 

Il est question aussi, parfois, trop fugacement peut-être, de solutions : l’émergence de grandes coopératives mondiales, le partage du pouvoir avec les salariés dans l’entreprise. Pas gagné, mais au final on se sent moins seul ! 

La série sera aussi diffusée sur Arte le mardi 15 octobre à 20h50.

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