Facebook et Google sont des monopoles. Amazon et Apple ont un pouvoir de marché exorbitant. C’est ce que conclut un rapport du Congrès américain et c’est peut-être le début d’une phase de régulation des Gafa…

Gafam : si les Démocrates sont élus, ils pourraient evenir sur le rachat d’Instagram par Facebook ou de YouTube par Google, limiter les rachats de start up par ces géants,  imposer la portabilités des données...
Gafam : si les Démocrates sont élus, ils pourraient evenir sur le rachat d’Instagram par Facebook ou de YouTube par Google, limiter les rachats de start up par ces géants, imposer la portabilités des données... © AFP / Nicolas Guyonnet / Hans Lucas

On parle d’un rapport de 449 pages, avec plus d’un million de documents en annexe, rédigé après seize mois d’enquête. Il émane de la Commission concurrence de la Chambre des représentants.

Les députés américains font un parallèle entre les Gafa et « l’ère des barons du pétrole », celle de Rockefeller et de la Standard Oil, la compagnie à l’origine de la première loi anti trust aux Etats-Unis. 

Il est reproché aux Gafa de dicter les règles du commerce numérique, l’accès à la publicité, les modes d’interaction sur les réseaux sociaux. 

Google impose aussi son moteur de recherche et Google Play aux constructeurs de téléphone avec Android. Amazon vend ses propres produits sur sa plateforme et peut désavantager les autres vendeurs. Facebook rachète toutes les start up qui lui font de la concurrence : whatsapp, Instagram… et relâche la protection de la vie privée ou la lutte contre la désinformation. 

Le démantèlement, c'est ce qui attend les Gafa ? 

Pas encore. Il faudrait d’abord un changement de majorité aux Etats-Unis. Car ce rapport n’a été signé que par les élus démocrates. Les Républicains l’ont boudé. Ils estiment qu’il faut réguler au « scalpel » et pas « à la tronçonneuse ». 

Mais si les démocrates remportent les élections, les propositions assez radicales du rapport pourraient inspirer de nouvelles lois. Elles sont radicales : revenir sur le rachat d’Instagram par Facebook ou de YouTube par Google, limiter les rachats de start up par ces géants,  imposer la portabilités des données.  

Le rapport propose surtout de renforcer les moyens des autorités de la concurrence et d’élargir leur mandat pour qu’elles ne protègent pas seulement le consommateur mais “les salariés, les entrepreneurs, les entreprises indépendantes, les marchés ouverts, une économie juste et des idéaux démocratiques”

Quelle est la probabilité que ça se traduise en action concrète en cas de retour des démocrates au pouvoir ? 

Difficile à dire. Mais l’étau se resserre. La vision de ce rapport se rapproche de celle de la Commission européenne. Même si les Gafa réfutent ces critiques, la pression monte pour qu’ils changent de comportement. 

Il y a des petits signes positifs. En France, Google est sur le point d’accepter, enfin, de rémunérer les éditeurs de presse pour les articles qui alimentent Google news, les fameux “droits voisins”. Et des signes négatifs: Apple vient d’écarter les casques Sonos ou Bose de ses boutiques pour privilégier les accessoires audio qu’elle s’apprête à lancer. 

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