L’assurance-vie, c’est le placement préféré des Français. Presque 1800 milliards d’euros. Cela sert notamment à préparer sa retraite, en complément de la répartition dont on parle beaucoup en ce moment. Mais cette chute de taux est-elle inquiétante ?

Assurance-vie : des taux de plus en plus bas
Assurance-vie : des taux de plus en plus bas © Getty / Tirachard Kumtanom / EyeEm

En ces temps de grèves, de manifestations, de réforme compliquée des retraites, nous lisons peut-être avec moins d’attention les pages financières des Échos. Et à deux reprises, le très sérieux quotidien a fait, à la Une, un titre inquiétant sur l’assurance-vie. Mercredi 27 novembre, on lisait : "Taux négatifs, les assureurs-vie demandent l’aide de Bercy", jeudi dernier, le 5 décembre donc, c’était : "taux bas : la Banque de France prête à soutenir les assureurs-vie”.

Qu’est-ce-que cela veut dire ?

Ce placement va-t-il encore rapporter de l’argent à ses propriétaires ? L’épargne des Français y est-elle en sécurité ? 

Sur la sécurité, on peut se rassurer mais pas sur le rendement. Parce qu’une chose est claire : le placement le plus classique en assurance-vie, celui que l’on appelle le "fonds-euros", dont le capital est garanti par l’assureur, ne peut plus rapporter autant qu’avant. Les taux devraient donc encore baisser. En 2018, un contrat d’assurance-vie en euros vous faisait gagner 1,8 %. L’an prochain, deux assureurs-vie, Swiss Life et Generali, ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne verseraient que 1 % à leurs clients, à peine plus que le Livret A. La plupart des autres assureurs annonceront leur taux en janvier. Pour les épargnants, c’est une douche froide, mais il ne faut pas le prendre comme une mauvaise nouvelle. Cette baisse des taux est un acte de bonne gestion : les assureurs prêtent de l’argent à l'État à 0 %. Pour donner un peu plus à leurs assurés, ils comptent sur les plus-values, mais ils en ont de moins en moins. Donc ils doivent être raisonnables, même s’ils se font concurrence. 

Pourquoi demandent-ils de l’aide à leur régulateur ?

Les fonds que l’on place chez un assureur sont garantis par le capital de cet assureur et la Banque de France surveille qu’il en a toujours assez. C’est ce qu’on appelle le ratio de solvabilité. Les taux bas obligent les assureurs à augmenter leur capital et ils demandent donc de la souplesse à la Banque de France pour s’adapter. Pour le faire, les plus petits ou les moins capitalisés seront peut-être obligés de fusionner avec des plus grands, plus solides. Vous l’aurez compris, les assureurs vie n’aiment pas les taux bas, mais le vrai danger serait tout de même que ces taux remontent à toute vitesse. Dans ce cas, leurs clients voudraient retirer leur argent pour le placer ailleurs, où il rapporterait plus. S’ils le font tous en même temps, et brutalement, cela serait un problème. Mais pour l’instant, rassurez-vous, il n’est pas question que les taux remontent.

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