Amazon annonce avoir passé le cap des 100 millions d’appareils connectés qui intègrent Alexa, son assistant vocal intelligent. Il ne fait plus aucun doute que nous avons plongé dans la révolution numérique de la voix.

Les objets obéissaient au doigt, ils répondent aujourd’hui à la voix. L’association de micros sophistiqués et de l’intelligence artificielle a donné naissance aux assistants vocaux. Ces petites enceintes vendues par Amazon, Google, Apple et les services d’assistance vocale installés dans tous les smartphones permettent de surfer sur Internet grâce à la parole, et de piloter les produits de notre vie courante.  Une nouvelle révolution est en marche : dans deux ans selon certaines études, une recherche sur deux sur le Web sera effectuée par la parole.   

Que change vraiment le pilotage par la voix ?  

Ceux qui ont des jeunes ados ont pu être surpris ces dernières années en lisant des messages sans erreur grammaticale.  J’ai cru personnellement au miracle, jusqu’à ce que je réalise que mes garçons dictaient très souvent leurs SMS à des logiciels sachant conjuguer et accorder le participe passé de mieux en mieux.  Au-delà des seuls progrès en grammaire, l’Internet par la voix bouscule tous les métiers utilisant la parole. C’est le cas des call center de plus en plus concurrencés par les intelligences artificielles.  Le pilotage vocal permettra également de surfer et de commander des machines en libérant ses mains et en se déplaçant.  Nous ouvrirons en quelques mots le coffre de notre voiture les bras chargés ; nous éteindrons notre télé ou notre radio par la parole. Autre exemple : un technicien pourra mener une réparation, outils en mains, tout en dialoguant avec un support technique vocal.  

Est-ce que les différentes technologies de la voix cohabiteront ?  

C’est la grande inconnue. La bataille fait rage entre les Gafa : assistants bradés à moins de 30 euros, logiciels donnés à tous les constructeurs de produits connectés, tout est bon pour que ces géants qui croulent sous les milliards déploient au plus vite leur technologie et prennent des parts de marché.  A partir de là deux scénarios sont envisageables : Le premier : une technologie s’impose comme Intel ou Windows dans nos PC.  Le second, plus probable : plusieurs technologies cohabiteront. Certains constructeurs de télé proposent déjà des produits compatibles avec Alexa d’Amazon et Google Home.  Soyons clairs, tout est encore ouvert.   En revanche, une chose semble désormais acquise : l’Europe est hors-jeu de ce marché. C’est fort dommage, car avec l’Internet de la voix, c’est aussi le développement de l’intelligence artificielle et du big data qui se joue. L’Europe, on le sait, a déjà beaucoup perdu dans cette révolution numérique. Visiblement ce n’est pas terminé !

L'équipe
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.