On parle d’une acquisition à près de 8 milliards d’euros.

Ici à 250 km des côtes de l'Angola sur une plateforme Total
Ici à 250 km des côtes de l'Angola sur une plateforme Total © AFP / Rodger BOSCH

Les conversations s’intensifient – elles sont officielles depuis lundi soir : le colossal patron de Total, Patrick Pouyanné, 1m91 sous la toise, carrure de déménageur du sud-ouest, s’offrirait bien en guise de goûter une partie des immenses réserves de pétrole de la société américaine Anadarko

Une société inconnue des Français qui dispose en sous-sol de 3 milliards de barils répartis dans quatre pays africains : l’Algérie, le Ghana, le Mozambique et l’Afrique du sud. Cela correspond à plus de quatre ans de consommation de pétrole en France. Evidemment, ce repas de choix coûte un peu cher : Pouyanné met en effet sur la table près de 8 milliards d’euros… 

Si l’opération se réalise, ce sera tout simplement la plus grosse acquisition de Total depuis celle d’Elf Aquitaine en 2000.

Patrick Pouyanné renforcerait encore la présence de Total en Afrique.

C’est l’axe majeur de sa stratégie. Total est très présent au Mozambique dont les mers regorgent de gaz. Le pétrolier exploite du pétrole ou du gaz en Angola, au Nigéria, il a des réseaux de stations-services partout sur le continent africain. Pouyanné insiste donc et se renforce encore. C’est assez malin parce qu’actuellement les géants du pétrole regardent ailleurs : ils se ruent vers le gaz et le pétrole de schiste du Texas. 

Pouyanné considère que les prix du Texas sont trop élevés, explique le journaliste Nicolas Stiel sur le site de Challenges. Ce Polytechnicien, ancien rugbymann, successeur de Christophe de Margerie tragiquement décédé en avion voilà quatre ans, préfère pousser ailleurs, désaxer la mêlée et arrondir ses réserves en Afrique, comme en Russie ou au Brésil.

Le patron de Total montre un très gros appétit…

Cet homme de 55 ans exigeant, franc, volontiers provocateur, avait déjà englouti les activités hydrocarbures du Danois Maersk Oil. Prix de ce plat de choix : 6 milliards 600 millions d’euros : c’était déjà une acquisition plus grosse que celle de Elf. Pouyanné s’est hissé à la deuxième place dans le gaz naturel liquéfié, le patron de Total investit lourdement dans l’électricité et les énergies renouvelables, l’hydraulique, le solaire ou l’éolien pour réduire son addiction aux énergies fossiles. 

Cet ogre impatient qui consulte un psychologue pour calmer ses redoutables colères et répond à votre question avant que vous ayez fini de la poser, atteindra cette année, même sans cette acquisition, la barre des 3 millions de barils produits par jour, objectif longtemps repoussé. La machine Total tourne à plein régime ! Elle affichait en 2018 un résultat record de 12 milliards d’euros quand nos Gilets jaunes tirent la langue devant les prix à la pompe...

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