Les partenaires sociaux vont se retrouver demain - Sans FO et sans la CGT - pour une nouvelle réunion de la conférence de financement du nouveau système de retraite. Est-ce qu’ils avancent dans leurs discussions ?

Beaucoup moins vite que le coronavirus. Mais la conférence doit rendre ses conclusions en avril. Et en général tout se débloque au dernier moment. Ce n’est donc pas une surprise. Mais c’est important, car il semble que la discussion législative ne reprendra au Sénat que lorsqu’on aura les conclusions de cette conférence

Petit rappel : de quoi parlent les partenaires sociaux ? 

D’abord, du déficit de l’actuel système de retraite et de comment le résorber pour entrer à l'équilibre dans le système à points. En même temps, on discute d’une meilleure prise en compte de la pénibilité, ce qui aura un coût. Enfin, il faut définir qui sera aux commandes du système pour le maintenir à l’équilibre à l’avenir. 

La conférence se joue entre la CFDT et les représentants du patronat et crée une tension entre le Medef et LREM…

Les députés LREM pensaient avoir plus de soutien du patronat pour faire aboutir cette conférence de financement. Or comme le regrette un élu de la majorité, “le Medef a mis des gants de soie”

Le patronat rappelle à qui veut l’entendre que c’est la CFDT qui voulait un système par point. Que lui, n’a jamais cru au système universel, mais à trois systèmes: un pour le secteur privé, un pour les indépendants, un troisième pour les fonctionnaires. 

Le Medef a donc fixé des lignes rouges. Il n’est  pas question d’augmenter le coût du travail, c’est-à-dire les cotisations payées par les employeurs. Même pas pour financer la pénibilité. Or ce serait sans doute le seul moyen d’amener la CFDT et la CFTC à accepter une “mesure d’âge”, l’âge pivot par exemple, pour équilibrer le système. 

Bref, le compromis avec la CFDT ne semble pas à portée de main…

C’est bien ce qui agace les députés LREM. Ils estiment avoir conduit depuis le début du quinquennat la politique la plus “pro business”, la plus favorables aux entreprises, jamais menée en France. D’abord la suppression de l’ISF sur les actions et la baisse de la fiscalité sur les dividendes, destinées à faciliter l’investissement dans les entreprises. 

Puis le plafonnement des indemnités prud’homales, demande insistante du patronat. Puis la fusion du comité d’entreprise, du CHSCT et des délégués du personnel, avec un nombre d’élus en recul. Puis la baisse programmée de l’impôt sur les sociétés et enfin, celle annoncée, des impôts de production comme la C3S. 

En retour qu’ont ils reçu ? Rien n’a changé. Le Medef n’est pas plus progressiste. Il reste obsédé par les prélèvements et les charges. Un peu perfidement, les députés se demandent si c’est sa seule raison d’être. En gros, s’il sert à autre chose… 

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