Qui pour succéder à Isabelle Kocher, la directrice générale d’Engie, qui a été remerciée par son conseil d’administration la semaine dernière et qui était la seule femme dirigeante du CAC 40 ? Est-ce qu'une autre femme pourrait la remplacer ?

Isabelle Kocher à Saint-Petersbourg en 2017
Isabelle Kocher à Saint-Petersbourg en 2017 © Getty / Valery Sharifulin

Il y a un actionnaire important d’Engie qui l’espère, c’est l’Etat représenté par Bruno Le Maire. Il veut instaurer des quotas de femmes dans les comités de direction des grandes entreprises. Et il a besoin de symboles. 

Mais pour l’instant, le conseil d’administration d’Engie n’est pas du tout pressé de trouver le ou la remplaçante d’Isabelle Kocher. Il va prendre son temps pour préciser la stratégie du groupe et donc le profil du dirigeant. Et cette personne, homme ou femme, sera choisie pour sa compétence, nous dit-on, et pas pour son genre, n’en déplaise à Bruno Le Maire. 

Est-ce que la place des femmes risque de reculer ?

Il y a tout de même des éléments rassurants. D’abord dans le trio qui assure la transition chez Engie - une entreprise de 160 000 salariés, ne l’oublions pas - il y a deux femmes: la directrice financière, Judith Hartmann, et la secrétaire générale, Claire Waysand. 

Mais surtout depuis que l’on sait qu’il faudra remplacer Isabelle Kocher, qui elle-même ne restera pas sans rien faire, une dizaine de noms de “patronnes” circulent. A part Catherine Guillouard, PDG de la RATP, elles ne sont pas à la tête d’entreprises “grand public”, donc on les connaît mal. Mais ça n’enlève rien à leur savoir-faire. 

Prenez Christel Bories: cette HEC dirige le groupe Eramet depuis 2017. Ce géant minier produit du nickel et du manganèse, indispensables pour faire de l’acier ou d’autres alliages. On parle aussi de Catherine MacGregor, une centralienne, patronne de Technip Energies, qui fabrique des infrastructures pour transporter le gaz ou de Sylvie Jehanno, une polytechnicienne qui dirige Dalkia, une filiale d’EDF qui compte 16 000 salariés. 

Certains regardent aussi du côté de la Belgique

Comme Engie exploite, à travers sa filiale Electrabel,  les centrales nucléaires belges - un des dossiers les plus compliqués de l’entreprise-, on cite Dominique Leroy, spécialiste des télécoms, ou Sophie Dutordoir,  la patronne de la SNCF Belge, la SNCB. Une femme étonnante. 

Il y a quelques années, alors qu’elle dirigeait Electrabel, elle avait tout plaqué pour ouvrir une épicerie italienne, dans sa petite ville. On la voit dans des reportages à la télé derrière sa trancheuse à jambon, expliquer les difficultés des patrons de TPE. 

Si j’ai bien compris, elle n’est pas vraiment dans la course pour Engie, car elle a 57 ans, mais ce côté pragmatique, concret, des patrons étrangers plaît de plus en plus en France. En tout cas,  tous ces noms de femmes qui circulent dans les cénacles parisiens, ça fait du bien. 

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