En économie, il existe une définition assez claire de la pauvreté. En revanche, il n’y a pas vraiment de seuil pour définir la richesse… L’Observatoire des Inégalités a décidé d’y remédier dans son premier Rapport sur les riches en France.

A partir de quel revenu est-on riche ?
A partir de quel revenu est-on riche ? © Getty / RobertDupuis

L'Observatoire des Inégalités est un organisme indépendant créé il y a près de 20 ans par Louis Maurin a publié hier son premier “Rapport sur les riches en France”. Il prend la peine - c’est une première - de bien définir ce que “riche” signifie, car l’Insee ne le fait pas. 

Alors en général, lorsqu’on parle des riches, on pense au classement des grandes fortunes du magazine Challenges, aux tycoons du CAC 40, aux joueurs de foot. On pense à la bourgeoisie décrite par les sociologues Pinçon-Charlot. 

Mais tout cela c’est plutôt être ultra riche. Appartenir au 0,1% des plus fortunés. Or, entre les classes moyennes et ces multi-millionnaires, il y a un ensemble de ménages aisés qu’il fallait mieux définir. 

Alors comment fixe-t-on le seuil ? 

Louis Maurin et Anne Brunner de l’Observatoire des Inégalités ont décidé de mettre la barre à 2 revenus médians. 

Le revenu médian - on va faire un petit peu de statistiques -  c’est le niveau de revenu qui divise la population en deux. La moitié des Français gagne moins, l’autre moitié gagne plus. 

En France, il est à 1750 euros mensuel pour un adulte, nets d’impôts et prestations sociales incluses. 

Pour Louis Maurin, on est pauvre quand on gagne la moitié de ce revenu médian - entre 800 et 900 euros par mois -et on est riche quand on gagne le double, 3500 euros par personne par mois donc. 

De fait, à 3500 euros, on fait partie des 8% des Français les plus riches, et, selon L’Observatoire, on “se détache du reste de la population”.  

On ne devrait pas plutôt mesurer la richesse par le patrimoine ? 

L’Observatoire le fait aussi. 

Il rappelle que la moitié des Français possèdent moins de 160 000 euros. Avec 500 000 euros, le prix d’un petit appartement à Paris ou à Lyon, vous faites donc partie des 5 millions de ménages les plus fortunés. 

C’est un privilège et une responsabilité, rappelle l’Observatoire. 

Car la crise ne fait que commencer, et elle est très inégalitaire. Les jeunes sont les premiers touchés et ils sont évidemment sous représentés chez les riches, où les plus de 50 ans sont surreprésentés. 

Certains salariés ne subissent aucune baisse de revenus, tandis que d’autres ont perdu leur CDD ou leur contrat d'intérim dès la première semaine de confinement. 

On va donc vers une France à deux vitesses. La grande distribution le voit déjà nettement. Les associations d’aide alimentaire aussi. Heureusement, pour l’instant, les dons augmentent. Mais la solidarité ne doit pas s’arrêter là. 

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