C’est difficile à comprendre alors que l’on s’inquiète tant pour le climat, mais depuis l’épidémie de coronavirus, des avions volent à vide ou presque. Avec seulement une poignée de passagers. Pourquoi les vols ne sont-ils pas supprimés ?

Avion au départ de Jakarta en février 2020
Avion au départ de Jakarta en février 2020 © AFP / ADAM TANJUNG

Vendredi, Mathilde, François Beaudonnet, journaliste de France 2, a pris un vol Rome-Paris vide ou presque. Sa photo, qui a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux, a ouvert le débat: pourquoi maintenir ces vols ? 

Les compagnies aériennes n’ont pas vraiment le choix. Elles sont soumises à un règlement européen de 1993 sur les créneaux horaires aériens - on dit aussi les “slots”. 

En gros, chaque compagnie a des “slots” pour ses vols, et tous les six mois, en novembre et en juin, ceux-ci sont remis sur le marché, en suivant la règle du “utilisé ou perdu”. Si vous n’utilisez pas votre créneau au moins 80% du temps, il est remis sur le marché et peut être attribué à un concurrent. 

Et ce règlement s’applique en toutes circonstances ?

En ce moment en tout cas, il s’applique. Les compagnies aériennes ont annoncé une réduction de leurs capacités - 20% pour Air France ou EasyJet, un peu plus sur le nord de l’Italie- mais elles ne peuvent pas aller plus loin sous peine de perdre leurs précieux créneaux. Or à mesure que le virus gagne du terrain, les réservations s’effondrent. 

Il y a toutefois des précédents, des moments où on a desserré la règle: après les attentats du 11 septembre 2001, lors de l’épidémie de Sras ou après la crise financière de 2008. Une mesure exceptionnelle a aussi été prise par les coordinateurs nationaux - qui régulent les slots dans chaque pays- pour suspendre les vols à destination de la Chine et de Hong Kong. 

Donc la Commission européenne peut agir, mais ça tarde. Le ministre britannique des transports et Bruno Le Maire sont intervenus pour qu’elle bouge. L’IATA -l’Association internationale du transport aérien, qui regroupe 290 compagnies- a aussi tiré la sonnette d’alarme. 

Ce serait mieux de ne pas trop attendre, non ? 

La Commission dit évaluer les options: elle ne veut pas risquer de bloquer le ciel sans raison forte. Mais l’IATA a prévenu que la situation se dégradait très vite. Or on en est déjà à 50 à 100 milliards d’euros de chiffre d’affaires  ! Du jamais vu depuis la crise de 2008. 

Une compagnie britannique, Flybe, est déjà au tapis. Pour que la billetterie ne s’arrête pas complètement,  Air France propose à ses clients de prendre leurs billets, et de les reporter sans frais si nécessaire. Pas sûr que ça suffise.  

Hier, l’action Air France-KLM  a perdu plus de 9%. Depuis le début de l’année, sa valeur a été divisée par deux. Pendant ce temps, le drame, c’est que les émissions de CO2 continuent. Même si le secteur aérien  ne représente que 2,4% du total des émissions mondiales, autant les réduire. 

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