Quand on va sur le site du Bon Coin pour chiner, on a parfois du mal à s’arrêter. Il semblerait que son directeur général, Antoine Jouteau, soit, lui aussi, un boulimique d’acquisitions…

 Une personne consulte le site internet de petites annonces Le Bon Coin à Mulhouse.
Une personne consulte le site internet de petites annonces Le Bon Coin à Mulhouse. © Maxppp / L'Alsace

Ces trois dernières années, le directeur général du Bon Coin n’a pas arrêté

En 2016, il s’est offert deux sites spécialisés dans les petites annonces de matériel d’occasion pour les agriculteurs et professionnels du BTP. 

Puis en 2017, il a racheté Kudoz, une appli d’annonces d’emplois pour les cadres. 

Ont suivi A vendre A louer, un site d’annonces immobilières professionnelles et Videdressing, plateforme de vente de vêtements de mode de seconde main. 

Il a continué avec PayCar, une solution de paiement entre particuliers, notamment pour l’achat de véhicules d’occasion, puis Locasun, un site d’annonces de séjours de vacances. 

Sa dernière emplette a été annoncée hier. Il s’agit du groupe L’Argus, une entreprise familiale qui existe depuis 1927. Sa spécialité : évaluer les véhicules d’occasion. Il a fallu tout de même mettre sur la table 80 millions d’euros. 

À travers ces achats, on devine les priorités du groupe… 

Les 28 millions de visiteurs mensuels sur le site y trouvent de tout mais le groupe est très structuré autour de : 

  • l’immobilier, 
  • l’automobile, 
  • les vêtements d’occasion, 
  • les locations de vacances 
  • et bien sûr l’emploi : l’an dernier un million de postes ont été pourvus grâce au Boncoin

Ses utilisateurs se font un complément de revenu de plus de 420 euros par an. Le Bon Coin - qui malgré son nom bien français est la filiale d’un groupe norvégien - a d’abord épousé les désirs de ses clients pour se développer, en améliorant ses interfaces pour les offres d’emploi par exemple ou les locations de vacances. 

Mais ça ne suffit plus. D’où ces acquisitions qui permettent de rester dans la course, car la concurrence est rude. 

Le Bon Coin, c’est l’anti Amazon ? 

Comme Amazon, Le Bon Coin veut être leader dans son domaine pour “rafler la mise”, et notamment la publicité. C’est souvent comme cela dans l’économie digitale : le gagnant est profitable, les autres rament. 

Mais contrairement à Amazon, le groupe se veut civique, prêt à payer la taxe Gafam, même s’il acquitte déjà 52 millions d’euros d’impôt sur les sociétés. 

Surtout, il est sensible à son empreinte sociale. On l’accuse parfois de déshumaniser les transactions qui se faisaient autrefois dans les braderies, notamment dans le Nord de la France. C’est d’ailleurs là qu’il s’est développé le plus vite, en surfant justement sur la tradition. Alors le groupe a décidé d’aider les commerçants de Boulogne-sur-mer, Béthune, Roubaix, Lens ou Dunkerque à diffuser leurs promotions pour revitaliser leur centre ville  et remettre du lien social. 

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