En matière de politique économique, Donald Trump fait l’inverse de ce qui est recommandé par les manuels. Et pourtant ça marche. L’économie américaine crée des emplois depuis 110 mois. Aurait-il compris quelque chose qui nous échappe ?

Aux Etats-Unis, l'emploi progresse. Grâce à Trump ?
Aux Etats-Unis, l'emploi progresse. Grâce à Trump ? © AFP / CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

La théorie économique, telle qu’on l’apprend dans les livres, dit qu’il ne faut pas relancer l’économie - c’est-à-dire ne pas baisser les impôts ou augmenter la dépense publique- si on est au plein emploi. Le risque, si on ne respecte pas ce principe, c’est qu’il y ait de l’inflation. 

Une autre règle dit qu’il y a une limite maximum à l’endettement d’un Etat. Le risque si on ne la respecte pas, c’est que les investisseurs ne vous prêtent plus aussi facilement, ce qui fait monter les taux d’intérêt. L’argent cher rend les projets plus difficiles à monter, fait plonger le marché immobilier et ralentit la croissance. 

Donald Trump, lui, s’est assis sur ces deux règles. Il a massivement baissé les impôts et laissé filer le déficit et la dette, alors même que le chômage était à un plus bas historique. Il se moque bien de faire des réserves pour l’avenir. 

Malgré cela, ni les taux d’intérêt ni l’inflation n’ont progressé et les chiffres de l’emploi continuent à s’améliorer… 

Le taux de chômage est à 3,5%  et l’inflation est stable depuis 2011, autour de 1,6%. Quant aux taux d’intérêt, la banque centrale américaine n’ose pas les remonter, de peur d’enrayer la croissance, de faire dérailler une économie qui fonctionne à crédit. Donc pour l’instant tout va bien. 

Pour l’économiste Patrick Artus, de la banque Natixis, cela va même mieux que bien. Car pour répondre à une demande plus forte avec un chômage bas, les entreprises américaines vont chercher des salariés peu qualifiés. Cela ramène de plus en plus de personnes sur le marché du travail, comme avant la crise de 2008. Et la productivité augmente. 

Sur le plan économique, la campagne de Donald Trump se présente bien, du moins en apparence

Ceux qui pronostiquaient une récession à la fin de cette année ou l’an prochain se sont pour l’instant trompés. Les indices boursiers sont au top, l’épargne est élevée, la confiance des ménages aussi. 

Mais il y a tout de même un bug. Le niveau très bas du chômage ne fait pas vraiment monter les salaires. Cela non plus cela ne se passe pas comme dans les manuels d’économie. On ne sait pas très bien pourquoi. 

Comme par ailleurs les frais de santé explosent, même en travaillant, les familles moyennes ont du mal à joindre les deux bouts, tandis que les patrimoines financiers des plus riches explosent. C’est sur ce constat que les démocrates font campagne contre Trump et son bilan.

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