Le président a promis de s’attaquer à la réforme de la dépendance. Cela fait des années que l’on en parle. Est-ce que, cette fois, cela a une chance d’aboutir ?

Une vaste réforme baptisée « Grand âge et Autonomie » est attendue pour 2019. Et c’est vrai qu’il y a urgence. On compte déjà 1,3 million de personnes âgées dépendantes et leur nombre devrait doubler d’ici à 2060.  Des personnes âgées parfois accueillis de façon indigne dans des établissements où les personnels soignants travaillent dans des conditions déplorables. Un drame humain qui se double pour beaucoup de familles par de lourds sacrifices financiers.  

La France fait partie des très mauvais élèves en Europe

Chez nous, plus de 40% des personnes dépendantes sont placées en EHPAD car, faute de moyens, on ne peut les maintenir à domicile. C’est dix points au-dessus de la moyenne européenne. Pire, les tarifs facturés aux résidants et à leurs familles sont souvent exorbitants. C’est 2500 euros par mois en moyenne avec un reste à charge autour de 2000 euros une fois déduits les 400 à 500 € de l’Aide Publique à l'Autonomie. En Suède, par exemple, c’est dix fois moins.  

Comment financer la dépendance ?   

Aujourd’hui, elle coûte 24 milliards d’euros par an et la facture pourrait doubler d’ici à 2050.  Pour trouver les financements, la ministre de la santé, Agnès Buzyn s’appuiera sur le rapport que va lui remettre début mars Dominique Libault, l’ancien patron de la Sécu. L’idée est de créer une cinquième branche de la Sécu financée par la solidarité nationale. Le choix politique sera compliqué. Soit on augmente les cotisations et cela pèsera sur le coût du travail. Soit on passe par l’impôt, la CSGG ou la CRDS, et le gouvernement passera outre sa promesse de ne pas augmenter les impôts. Confrontés au même dilemme, Nicolas Sarkozy et François Hollande avait jeté l’éponge.

Quelles autres pistes sont sur la table ?  

Pourquoi pas un second jour de solidarité comme celui créé après la canicule de 2003? Pas du tout sûr qu’il voit le jour. Et de toute façon ça ne suffirait pas.  D’où l’intérêt des propositions avancées par la Mutualité française qui défend l’idée d’une assurance dépendance généralisée et obligatoire. Elle permettrait de financer, individuellement, la prise en charge d’une partie de sa perte d’autonomie future à hauteur, par exemple, de 500 euros par mois si l’on a cotisé 10 à 15 euros par mois à partir de 40 ans. La Mutualité française propose aussi, comme pour les crèches, de faire payer chacun des résidents en EHPAD en fonction de leurs revenus et de plafonner les prix de certains services. On verra si le gouvernement retient certaines de ces idées qui ne pourront venir qu’en complément des indispensables financements publics.

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