Cette crise sanitaire interminable pèse encore plus lourd sur les jeunes que sur le reste de la population. Le gouvernement propose donc généraliser un dispositif qui fonctionne la “Garantie jeune” pour en faire une “Garantie jeune universelle”.

La Garantie jeune, c’est un dispositif d’insertion destiné aux 16 à 25 ans qui ne sont ni scolarisés, ni en formation, ni au travail. Elle leur permet de toucher 500 euros par mois, mais le plus important c’est qu’ils sont accompagnés par une mission locale et sont en formation, en immersion en entreprise, en stage… pendant un an à un an et demi.

Ce dispositif existe depuis 2013. Au départ, c’est un programme européen, lancé pour lutter contre un chômage des jeunes qui devenait structurel et inquiétant dans certains pays, dont la France, après les crises financières. François Hollande l’a poussé en France, très soutenu par la CFDT. 

Et la Garantie jeune a fait ses preuves. Selon les chiffres de la Dares, le service de statistiques du ministère du Travail, 43 % des bénéficiaires avaient accédé à un emploi, une formation, un contrat en alternance ou créé une entreprise à fin 2019. Les trois quarts de ces jeunes n’avaient pas le niveau Bac. 

C’est donc plutôt une bonne idée de la rendre “universelle”, de l’ouvrir à tous ceux qui en ont besoin ? 

Plutôt oui. En novembre, le gouvernement avait déjà annoncé le doublement du nombre de jeunes qui peuvent y avoir droit. De 100 000, il veut passer à 200 000 en 2021. 

Et pour la généraliser, il va s’appuyer sur le rapport que lui a remis la semaine dernière Antoine Dulin, au titre du Conseil d’orientation des politiques de jeunesse. C’est un organisme créé lui aussi sous le quinquennat Hollande pour faciliter la concertation avec les organisations de terrain. C’est justement du terrain que vient Antoine Dulin. 

Il a donc fait des propositions très concrètes pour rendre le dispositif plus fluide: ouvrir l’accès aux jeunes qui ont un petit boulot, ne pas tenir compte du revenu des parents quand il y a rupture familiale, limiter la paperasserie…

Mais est-ce qu’il n’aurait pas été encore plus simple d’ouvrir le RSA aux jeunes de moins de 25 ans ? 

C’est effectivement ce que beaucoup d’associations, le Parti socialiste ou même la CFDT défendent comme le moyen le plus efficace pour lutter contre la pauvreté des jeunes. Mais le RSA Jeunes, Emmanuel Macron n’en veut pas. Même s’il n’utiliserait plus cette expression aujourd’hui, c’est ce qu’il aurait appelé il y a deux ans, du “pognon de dingue”. 

Malgré tout, il sera difficile pour le PS ou les associations de critiquer l’idée de “garantie jeune universelle”, car elle a un avantage par rapport au RSA: celui de prévoir les parcours de formation et un accompagnement. Laurent Berger a d’ailleurs concédé que c’était bien une “solution pour les jeunes”.